FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES

Ganesh Versus the Third Reich

Back to Back Theatre

Samedi 1 juin 2013

Pour ce dernier rendez-vous de notre parcours culturel 2012-2013, nous avons eu la chance de prendre part à une journée toute spéciale, organisée dans le cadre du FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES. Pour l’occasion, nous nous sommes jumelés à la classe de 4e secondaire de la concentration théâtre de l’école Armand-Corbeil de Terrebonne. Marie Angrignon professeur d’art dramatique et moi-même, sommes devenues complices le temps d’élaborer un atelier de création qui a été proposé à la quarantaine de jeunes réunis en matinée dans la salle de répétition du TNM. Inspirées par la thématique annuelle du projet Avoir 20 ans en 2015 «Apprendre à compter », nous nous sommes laissées guider par la réflexion suivante : «Derrière les chiffres, il y a des gens. » C’est ainsi que nous avons sélectionné une vingtaine de statistiques diverses qui faisait échos aux thématiques qui allaient se déployer dans l’œuvre à laquelle nous allions plus tard assister : Ganesh Versus the Third Reich. En traversant des étapes bien définies, les jeunes en sont venus à mettre en scène leur vision humanisée d’une statistique de leur choix. Au terme de l’exercice, les courts objets théâtraux qui prennent corps devant nous sont souvent drôles, parfois percutants, toujours pertinents. Notre objectif est atteint : prendre possession du langage théâtral pour incarner le raisonnement et amener la réflexion à se déployer au-delà de l’intellectualisation.

Nous partageons le diner avant de nous rendre au QG du FTA où nous assistons à une rencontre avec Scott Price et Kate Sulan du Back to Back Theatre. La compagnie australienne, composée principalement d’acteur vivant avec une déficience intellectuelle, nous présente le spectacle Ganesh Versus the Third Reich. La rencontre, animé par Paul Lefebvre nous permet d’en apprendre davantage sur le processus de création et sur les diverses préoccupations des acteurs-créateurs.  La journée se clôture donc  par notre rencontre avec cette œuvre qui met en scène les abus de pouvoir, ceux qui ont marqué l’histoire comme ceux qui s’infiltrent parfois aussi dans notre quotidien. Le corps de ces acteurs hors norme, leur voix, leurs gestes, leur présence, tout cela participent à la création d’un univers différent, unique, précieux. Le propos n’est pas facile, pas plus que le traitement qu’on en fait. Plusieurs d’entre nous ont les yeux rougis quand, debout, nous applaudissons les acteurs heureux. À bien des égards, cette journée fut d’une grande richesse.

Claudia

« Une pièce hors du commun. Elle nous démontre avec succès que l’aspect artistique ne réside pas dans les capacités intellectuelles, mais en réalité, au coeur même de chaque être humain. C’était beau à voir, merci! » Vladimir

« C’était très beau, calme, prenant. Rien ne m’a semblé de trop. Bravo à toute la troupe. À mon sens, c’était très réussi! » Benjamin

« Ce fut avec très grand plaisir que j’ai partagé mon avant-midi avec les élèves de la concentration théâtre de l’école Armand-Corbeil. Ils n’auront pas 20 ans en 2015, mais lorsque le projet se terminera, je me rappellerai sûrement d’eux comme des gens allumés, sympathiques et intéressants. Merci à vous tous, au plaisir de vous revoir.

Ganesh Versus the Third Reich était probablement le spectacle poussant le plus à la réflexion auquel nous avons assisté depuis le début du projet. Certains, incluant les acteurs eux-mêmes, diront peut-être que nous allons voir ce spectacle comme s’il s’agissait d’un zoo. Peut-être ont-ils raison. Par contre, je ne crois pas que le public aille voir ce spectacle d’une façon méprisante ou réductrice. Le fait est que le sujet des maladies mentales est tellement tabou, caché, comme si nous en avions honte, que peu de gens en connaissent vraiment les tenants et les aboutissants. Ce qui est sûr, c’est que les acteurs ont réussi à me toucher et à raviver, plus qu’une curiosité, une empathie et un désir de compréhension, probablement dormant chez la plupart des gens au sujet des déficiences mentales. Bref, le spectacle est excellent et en plus de m’avoir grandement diverti, il m’a grandement ouvert l’esprit. » Quentin

« Un spectacle réussi au plan audiovisuel et dramatique ! La présence inébranlable des comédiens ainsi que l’originalité et l’audace du sujet traité ont rendu le spectacle captivant et emballant. Chapeau ! » Natasha

« L’atelier : Il s’agissait seulement de surmonter notre gêne et de se lancer pour créer une jolie représentation.

La pièce : Cette pièce touchante par moments, agressive par d’autres qui explore une multitude de thèmes notamment le pouvoir. Jeu de lumière excellent, très bonne musique. » Nadjib

«L’atelier : Créer spontanément une courte scène avec de sympathiques inconnus de Terrebonne m’a rappelé de bons souvenirs des précédents FTA (et des mauvais souvenirs du secondaire.)

La pièce : Il y a quelque chose à apprendre de la sensibilité de ces acteurs étiquetés comme ayant une « déficience mentale ».  Enlevons nos masques. Nous ne sommes pas des dieux. Arrêtons de chercher le pouvoir. Enlevons nos masques. » Éléonore

« L’atelier : J’ai trouvé vraiment sympathique de pouvoir jouer avec ces autres jeunes. L’exercice était absolument savoureux.

La pièce : les acteurs étaient tous très bons, mais bien que certaines scènes étaient très bonnes et que les jeux d’ombres étaient magnifiques, j’ai trouvé la pièce très longue et pour toute la pièce, trop statique également. Mais c’était une agréable expérience. » Alexis

« L’atelier : Un bel exercice qui m’a fait prendre conscience de toutes les lettres et les visages cachés derrière le chiffre.

La pièce : Très philosophique…mais sans prétention. Le spectacle m’a amené à réfléchir sur beaucoup de choses, notamment sur les enjeux du théâtre, comme quoi parfois toute la magie qui s’opère est en ’’répétition’’ ». Anne-Marie

«Une journée qui s’ouvre sur un espace où rencontre, réflexion et créativité se côtoient et où la découverte de l’autre se déploie dans le ventre fertile de la création théâtrale. Puis, les détours de nos pas qui nous mènent dans le QG du FTA où nous sommes invités à réfléchir et à échanger sur le parcours unique d’une compagnie hors norme : le Back to  Back Theatre. Enfin, la découverte de Ganesh Versus the Third Reich, œuvre d’une richesse humaine et artistique d’exception. Pour moi, ce sont de ces journées qui continuent de briller en nous longtemps après s’être éteinte. » Claudia

 

FESTIVAL DU JAMAIS LU

Rêvé pour l’hiver de LISA L’HEUREUX et Les étoiles apparaissent de OLIVIER SYLVESTRE

Samedi 4 mai 2013

Cette fois, nous nous sommes donné rendez-vous dans un petit resto asiatique de la rue Jean-Talon. Le Festival du Jamais Lu qui s’ancre cette année Aux Écuries nous attend à quelques pas. Nos voix se superposent  dans une ambiance légère et conviviale et nos discussions bifurquent d’un sujet à l’autre… Auschwitz, Lyon, Danse Danse, Le Chant de Sainte-Carmen de la Main, la souveraineté du Québec, le Festival du Jamais Lu. Tout est matière à réflexion. Les commentaires se personnifient, les arguments se précisent, les débats se construisent. Nous arpentons ensuite les rues du quartier Villeray dans le soleil printanier. Plusieurs en sont à leur première visite Aux Écuries et certains ne retiennent pas leur surprise de voir apparaître le théâtre au cœur de ce quartier résidentiel.

Ce soir, nous allons à la rencontre de deux auteurs et de leurs œuvres inédites : Lisa L’Heureux et son texte Rêvé pour l’hiver et OLIVIER SYLVESTRE avec Les étoiles apparaissent. La salle se remplit doucement et l’on sent une certaine frénésie gagner les lieux. Les grands manitous du Festival, Marcelle Dubois et son « codidacteur » artistique Geoffrey Gaquère se présentent à nous et nous offre une introduction ludique et bouillonnante. L’effervescence de ce festival précieux nous attrape ! Puis, les acteurs s’enracinent derrière les lutrins et nous plongeons avec eux dans une histoire triple et pourtant unifiée autour de l’espace de la perte, celle qui nous happe quand les gens ne nous appartiennent plus. Les mots de Lisa L’Heureux sont souvent crus, ils s’entrelacent et se percutent, se fondent, s’appellent et se répondent. La trame se tisse et se laisse porter par des acteurs solides et nuancés. Les applaudissements fusent, la reconnaissance est palpable.

L’entracte nous laisse le temps de découvrir tous les trésors que cachent les multiples bibliothèques du coin urbain. Nous fouinons allègrement dans ces textes qui nous échappent autrement trop souvent.  Pour la phase deux de la soirée, nous nous retrouvons à nouveau face à des acteurs de talents. Les corps sont immobiles et pourtant les mots se transforment en images, portant à notre imaginaire cette histoire aux accents apocalyptiques d’Olivier Sylvestre. Il y a quelques choses de haletant dans ce parcours narratif, dans l’entrecroisement de ces personnages, dans ce tissu de vie qui s’expose à nous. Le public est une fois de plus conquis. Au terme de la soirée, nous avons la chance de retrouver Lisa L’Heureux et Olivier Sylvestre pour discuter brièvement de leurs cheminements, de leur processus de travail, de leur source d’inspiration. C’est un véritable privilège de recueillir leur confidence et leur réflexion dans l’exaltation d’une soirée des plus signifiante dans leur parcours. Quelle belle découverte !

Claudia

« Pour moi, ce fut du jamais vu, ce festival du jamais lu. Deux pièces intéressantes qui font réfléchir, autant à la nature humaine, qu’à l’achat de billets pour l’édition de l’année prochaine! » -Quentin

« J’ai trouvé l’absence d’une mise en scène favorable à la compréhension de l’essence de chaque pièce. J’ai pu me concentrer sur les émotions, d’ailleurs bien jouées, des personnages et de leur histoire. » -Justine

« J’ai très apprécié les lectures. Les acteurs étaient brillants et les textes inspirants. Je voudrais remercier tous ceux qui ont participé au festival ; j’ai vraiment aimé. Yeah! »

-Benjamin

« La force brute des mots. Sans décor, sans costume. Juste la béante résonnance. » Anne-Marie

« Wow » -Juliane

« Je me suis sentie privilégiée d’avoir assisté à deux spectacles remarquablement écrits et interprétés. Merci aux auteurs et aux acteurs pour cette soirée cathartique ! » -Natasha

« Et vapeur et fluides encéphalographiques giclant son bras et piquant sur moi. Et maintenant je vais dormir. » -Alexis

« Ce que j’aime avec les lectures théâtrales, c’est qu’elles nous prouvent qu’un texte peut toucher un public sans costumes, sans accessoires, sans mise en scène, sans artifices. Que des comédiens assez talentueux pour nous transmettre l’émotion. Le théâtre à sa plus simple forme, ça touche encore. » -Éléonore

« Des fils se tissent sur les murs, entre les histoires, parmi les gens. Ce soir, des mots ont trouvé les corps pour porter leur voix, dans l’ébullition fertile d’un festival précieux qui enfante l’avenir. » – Claudia

 

Sunya

Sinha Danse/Constantinople

Présenté par Danse Danse  et la Place des Arts

Vendredi 19 avril 2013

Nous nous retrouvons à nouveau entre les murs du TNM et notre repas est comme toujours l’espace de la réflexion et du partage sur les spectacles qui nous ont traversés et qui nous attendent. Nous discutons aussi de ce qui s’annonce pour nous dans les mois à venir, le temps nous amenant inexorablement vers ce voyage, ces retrouvailles, ces découvertes, ces prises de conscience… Au terme d’une rencontre animé, nous nous déplaçons vers la Place des Arts où nous avons le bonheur d’assister au spectacle Sunya, collaboration entre la compagnie Sinha Danse et le groupe musical Constantinople. La représentation est le lieu privilégié de la rencontre, d’abord celle qui réunit Roger Sinha, directeur artistique et chorégraphe de Sinha Danse et de Kiya Tabassian, musicien et directeur artistique de Constantinople. Les deux hommes déploient la richesse de leur art dans ce spectacle où danse, musique et technologie se placent dans un véritable rapport d’égalité, l’un nourrissant l’autre, l’un portant l’autre. Les thèmes du voyage, de la migration, de la rencontre, profondément ancrés au cœur de la vie des deux créateurs, trouvent ici un sens poétique bouleversant. Les corps portent des mouvements composites issus de culture et de disciplines diverses : danse contemporaine, bharata natyam (danse classique du sud de l’Inde), arts martiaux. L’espace sonore, imbibé de l’Orient, porte aussi les traces d’un métissage, celui de l’ancestrale et de l’actuel. Le travail de Jérome Delapierre, concepteur visuel et désigner d’interactions, fait de nuance et de subtilité, insuffle un pouvoir troublant à l’œuvre et à ses magnifiques interprètes. La représentation est un véritable périple, un voyage rare fait d’images et de texture visuelles et sonores multiples, un monde à part. Au terme du spectacle, bien des spectateurs restent en place et attendent les artistes qui ont accepté de poursuivre la rencontre. Tous reviennent sur scène et s’installent pour une discussion riche et portant sur une grande variété de sujets. Le public veut connaître la genèse du spectacle, les influences des artistes, les grands moments et les impasses du processus créateur. Le français et l’anglais se conjuguent et les commentaires dithyrambiques fusent. L’entretien est authentique. Une fois de plus, nous nous retrouvons au cœur d’un moment précieux, et le spectacle s’imprègne doucement en chacun de nous.

À bientôt,

Claudia

« Constantinople, c’est du soleil orange sur les corps qui chantent au rythme des instruments à cordes et des percussions de l’Orient et qui sont bercés par des poèmes perses. C’est beau de retrouver la paix dans ces langues qui sont si souvent écrasées par les bombes. Vive le soleil orange. » -Éléonore

« L’essence que j’ai retenue du spectacle était la simplicité et la liberté qu’il dégageait, autant dans les mouvements que les images que ceux-ci créaient. Mais ce que j’ai préféré par-dessus tout, c’est la musique… Eh que j’ai aimé ça ! » -Justine

« Grâce à sa musique qui fait voyager le corps et grâce à ses chorégraphies qui font voyager l’esprit, ce spectacle est une réussite. » -Quentin

« La rondeur des mouvements, des décors, des effets et des tissus, représente bien l’esprit oriental. Un équilibre parfait entre la danse, la musique et la technologie » -Nadjib

«Un spectacle suspendu dans le temps. La complicité entre les sons des instruments (y compris les voix) et les mouvements des danseurs nous plongeait au cœur même de la cité. Constantinople, croisement entre l’Orient et l’Occident, c’est comme si j’y étais ! » – Vladimir

« Sous une musique hypnotique, les mouvements sont sensuels et doux. Ça m’a plu. Il fait chaud cependant, comme dans un autre pays. Je me suis assoupi doucement sous des rythmes que je ne connaissais pas. J’ai voyagé et c’est ce qui compte j’imagine. Les chants étaient magiques. Je crois que c’est ce que j’ai le plus aimé. Merci. » – Benjamin

« Oui. Poésie andalouse. Douceur et merveilleux. De beaux pas et de belles notes variés. Agréable moment d’abandon. » -Alexis

« Spectacle de corps. Corps en mouvement, corps immobiles, corps en osmose, corps de solitude, corps d’émotions et de sensations. Quatre corps en scène. Quatre corps en danse. Spectacle de corps. » -Juliane.

« Danse, musique et technologie s’unissent et se déploient, créant l’espace unique de la rencontre de l’Autre ; touchante richesse d’un métissage poétique » -Claudia

 

BRUEGGERGOSMAN CHANTE BERLIOZ

Orchestre Symphonique de Montréal

Dimanche 10 mars 2013

Dimanche midi. Nous nous installons dans le Salon Urbain où, fidèles à nos habitudes, nous discutons de notre sortie précédente, des grandes questions qu’elle suscite, mais aussi des impondérables et autres aspects de ce beau projet. Aujourd’hui, nous nous préparons à entrer dans l’univers de l’Orchestre Symphonique. En effet, les portes de la Maison Symphonique de Montréal s’ouvrent à nous et nous sommes invités à plonger dans cet environnement unique. Nous prenons d’abord place à l’étage où un lieu a été spécialement aménagé pour la causerie préconcert. L’espace est bondé et tous tendent l’oreille pour capter l’échange entre Kelly Rice et les artistes. Nous en apprenons davantage sur les inspirations du compositeur Glenn Buhr et son rapport à sa ville natale, Winnipeg. Bramwell Tovey, chef d’orchestre, nous fait part de ses réflexions sur l’implication et les responsabilités d’un chef d’orchestre invité. Enfin, la charismatique soprano Measha Brueggergosman prend part à l’échange et discute de sa vie de femme et de chanteuse. Bien que nous n’étions pas dans un rapport de proximité avec les artistes, l’entretien nous permet d’en apprendre davantage sur la vision de leur art et de leur pratique. Peu après, nous avons le bonheur d’entrer dans la somptueuse salle de concert où, fascinés, nous laissons nos regards arpentés ce territoire singulier.  Nous observons les musiciens qui sont déjà sur scène, les gestes qui les occupent, les instruments qui sont les leurs. Et puis, à l’entrée du chef d’orchestre, dans le silence qui précède le début du concert, c’est toute l’assistance qui retient son souffle un instant, avant la grande plongée. La musique résonne en chacun de nous et tous ont une façon bien à eux de la recevoir. Le concert est fait de sons bien sûr, mais aussi d’images, de gestes, de lumières, de silences et de pensées. Comment tout cela s’est-il concrétisé en chacun de nous ? L’expérience nous a laissé les mots que voici.

À bientôt,

Claudia

« À couper le souffle. Toutes les subtilités entendues prouvent l’importance de chaque musicien à l’harmonie. Assister à ce concert m’a libéré l’esprit. J’ai senti chaque note se promener dans la salle, pour ensuite me laisser bercer par la musique elle-même. » -Justine

«Je ne suis pas une spécialiste en opéra ni en musique classique, mais j’ai été très impressionnée par l’exécution et la synchronicité de tous les musiciens. Chapeau ! »

-Natasha

« Trois pièces classiques intéressantes. La première, parfois trop calme, nous perdait par moment dans les quasi-silences trop accentués. La deuxième, avec une chanteuse soprano, dénaturait malheureusement le texte qui accompagnait l’orchestre. Finalement, la troisième composition, plus vivace, vint sauver la mise et garder mon attention jusqu’au bout. Bref, une performance avec ses hauts et ses bas, mais qui sommes toute est une expérience que je ne regrette pas du tout ! » -Quentin

« Ô apologie du silence !… Harmonie, harmonie, ondulation des songes, diapason dans les rêves, électron, ourson, garçon. » -Alexis.

« Ça ne m’a pas déplu, mais ça ne m’a pas particulièrement touché. Belle performance de la chanteuse ! Je l’ai trouvé très agréable à écouter et sa présence était puissante. » -Benjamin.

«Un son. Des milliers de sons. Des clochettes, des violoncelles, des tubas, graves, aigus, imposants. Ils transcendent nos oreilles, transforment le bois verni de la salle en bateaux qui coulent et en pétales qui s’envolent. Mes oreilles sont portées par une mer sans fin. Puis le silence. Puis les baguettes arrêtent de danser. Puis, le public crache en toussotant, puis une vague d’applaudissements. Les bruits durs et saccadés viennent briser le rêve de vents de do-si-la-fa-mi tous doux. » -Éléonore

« Un concert chaud en couleur clôturant avec beauté cette saison hivernale. » -Vladimir

« Ce concert a évoqué de belles images dans mon esprit. Les instruments qui se répondent, basses contre aiguës. Un son puissant, féérique et quelquefois majestueux. Une très belle expérience. » -Nadjib.

« Une simple caresse des crins sur la corde d’un violoncelle suffit pour m’enchanter. Et cette voix ! Voir qu’un corps humain peut résonner avec tant de beauté ! »  – Anne-Marie

« En franchissant le seuil de cette grande Maison, j’ai eu le sentiment d’entrer dans un monde à part, dans un univers unique. Comme le voyageur qui avance sans repère dans une culture nouvelle,  j’ai plongé avec bonheur dans cet espace dont je ne connais pas tous les codes.  Un vibrant périple. » -Claudia

 

SOREL-TRACY

Théâtre Sans Domicile Fixe

Samedi 16 février 2013 à la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui

Le théâtre arrive parfois à se fondre à la réalité d’une bien drôle de façon. Avec Sorel-Tracy, Emmanuel Reichenbach et ses comparses du Théâtre Sans Domicile Fixe frappent dans le mille. En effet, difficile de ne pas entendre l’écho du réel se répercuter contre les murs de cette mairie municipale…

Après avoir gravi les marches qui nous mènent à la salle Jean-Claude Germain, nous nous installons dans l’intimité du lieu, les yeux rivés au décor qui s’expose dans la pénombre. Rien n’est joué et pourtant on sourit déjà devant la moquette bleue, les murs en « plywood » et l’étalage de vieux trophées. Quand la musique marque le départ de la pièce et que surgissent les personnages, on rit franchement devant ce calque authentique d’un réel pas toujours reluisant. L’avidité de pouvoir n’épargne personne à Sorel-Tracy… On se laisse entrainer facilement dans cet univers et on prend un sincère plaisir à voir évoluer les acteurs qui se tiennent parfaitement en équilibre sur la frontière du cliché sans jamais basculer dans une caricature grossière et sans nuance. Au contraire, on nous laisse être les témoins de la troublante humanité des corrupteurs bafoués et des égos écorchés. Les rires fusent sans cesse dans l’assistance : franc, gras ou jaune, c’est selon. Le temps file sans qu’on l’ait vu courir et on se retrouve au bout de l’histoire, debout, souriant et applaudissant en cœur.

Au terme de la soirée, nous avons l’immense bonheur de retrouver le metteur en scène, Charles Dauphinais, ainsi que tous les comédiens. Nous pouvons en apprendre davantage sur l’approche de l’auteur, la démarche du metteur en scène et sur l’apport de chacun dans la création de ce spectacle. La pièce amène dans son sillage une réflexion sur le monde politique et nous pouvons échanger et réfléchir  ensemble sur le sujet. L’équipe est généreuse et l’échange est convivial et formateur. La soirée fut belle pour chacun d’entre nous comme en témoignent les commentaires qui suivent…

À bientôt !

Claudia

« J’ai complètement adoré ce spectacle. Sorel-Tracy est un spectacle réussi, divertissant, intelligent (et pertinent actuellement !). Bref, mes grandes félicitations à toute l’équipe derrière  ce bijou de spectacle. C’est exactement ce genre de théâtre accessible qu’on devrait voir plus à Montréal et ailleurs ! » – Natasha

« Sorel-Tracy est définitivement mon coup de cœur de l’année. Un texte grinçant, une excellente mise en scène et enfin un jeu merveilleusement fin, drôle et juste. Caricature grotesque du politicien ou portrait véridique ? Voilà la question qui plane maintenant dans ma tête et qui, derrière le rire et le comique, m’a amené à beaucoup réfléchir. »

– Anne-Marie

« Une satire qui n’est finalement pas si caricaturale que ça… Une pièce qui porte énormément à réflexion et un message livré par des acteurs brillants. Des personnages qui semblent distants, mais auxquels on finit par pouvoir s’identifier. Bref, drôle, vrai, intime…Merci ! » -Justine

« Très bon spectacle en général. Des dialogues hilarants qui, même si des fois ont l’air de simples blagues, deviennent d’un coup très sérieux. Un joli parallèle sur notre société d’aujourd’hui. » – Nadjib

« Corruption brune. Le beau Québec municipal, reflets jaunes dans un crachat hilarant dans l’actualité. On rit, on rit, comme c’est drôle, tandis que c’est à peine clownesque et exagéré, la simple réalité. » – Alexis

« Pouin, pouin, pouiiin ! Derrière la politique, l’humanité qui ne transparaît pas de la télévision se dévoile sur scène. J’ai peine à y croire (mais j’y crois parce que les comédiens sont excellents !) Entretemps, une réflexion se fait dans ma tête. Le théâtre de la politique me paralyse, m’effraie et me fait rire. (pitié, que les rednecks ne réélisent pas Harper, pitié.) »  – Éléonore

« Sorel-Tracy redéfinit la perfection dans le domaine du théâtre ! Une pièce qui fait rire jaune, mais qui fait aussi rire aux éclats. Rien à redire. Bravo ! » -Quentin

« Un spectacle délicieusement, décadeusement et ostiequenosélussontpochesement décapant ! Un très bon moment de théâtre, et ce, grâce au texte juste assez incisif et grinçant et aux acteurs, aussi délirants que criants de vérité. Le tout dans l’optique centenaire : « dénoncer par le rire » Et le rire, qu’il soit jaune ou franc, est bien présent, tout autant qu’une réflexion citoyenne d’après spectacle, aussi entêtante qu’un parfum…de purin ? Il faudrait demander au maire Boivin. »  -Juliane

« Super bon, j’ai passé un très bon moment. Les acteurs étaient naturels et doués. J’ai été très diverti et c’est ce qui compte! » -Benjamin

« Les ficelles du pouvoir se tissent sous la lumière crue d’une réalité peu reluisante. Pourtant, le public ne s’enfonce pas dans les plis sombres du quotidien, bien au contraire. Tout dans ce spectacle contribue à la création d’un digne divertissement qui,  loin de confiner le spectateur à la paresse, laisse assurément s’infiltrer un appel à la réflexion… »

-Claudia

 

LA VÉRITÀ

Compagnia Finzi Pasca

Vendredi 18 janvier au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts

Nous prenons place dans la salle du Théâtre Maisonneuve, les yeux grands ouverts et le cœur gonflé d’attentes. Plusieurs d’entre nous souhaitent l’arrivée de cet instant depuis un bon moment déjà. Il faut dire que le fabuleux travail de Danièle Finzi Pasca résonne dans le paysage montréalais et que le fameux rideau de scène peint par Dali a su attiser notre intérêt. Nous sommes donc sincèrement impatients, l’éblouissement est imminent… Le spectacle débute et un monde en fragments, fascinants ou déroutants, s’expose devant nous. Tous les aspects de cet univers se superposent pour nous éblouir : musique vivante, acrobaties saisissantes, objets hallucinants,  images marquantes, ambiances lumineuses. Devant les prouesses vertigineuses de ces artistes, le public retient son souffle ou s’exclame d’une seule voix. Nous n’aurons pas eu l’opportunité de rencontrer les artistes cette fois-ci et c’est donc entre nous que nous prenons le temps de discuter brièvement après la représentation. Au terme de l’expérience, notre groupe n’arrive pas à un consensus sur  l’appréciation de cette œuvre singulière… Les critiques fusent, les points de vue se confrontent et ce faisant, les regards s’affinent, les pensées se précisent, les opinions se construisent. La Vérità n’a peut-être pas charmé chacun d’entre nous de la même façon, mais ce spectacle, simple et grandiose à la fois, nous aura permis de percuter nos visions, de nous interroger sur l’art et ses impacts et surtout, de nous approcher un peu plus de la définition de notre propre vérité…

À vous tous, je souhaite une merveilleuse année 2013 !

Claudia

***

« J’ai bien apprécié l’expérience que j’ai pu vivre ce soir en assistant à La Vérità. C’était un spectacle où les artistes réussissent à nous submerger dans l’univers de Dali, ce monde fantasmagorique où la finesse, la sensualité, la beauté visuelle et la vie s’entremêlent et se manifestent sous la forme de chefs d’œuvres. » –Natasha.

« Le spectacle a été pour moi une expérience difficile. Particulièrement les parties « humour », en utilisant un duo de clown qui multiplie les très mauvaises blagues. Le décor utilisait quelques éléments propres à Dali, mais en général, selon mon opinion, le décor passait loin de l’univers de Dali. » – Nadjib

« C’était impressionnant, éblouissant, incroyablement spectaculaire…mais malheureusement pas très touchant. Ce qui m’a plu c’est de voir la force brute d’un corps humain, la beauté d’un corps en mouvement, capable de se tortiller dans tous les sens comme un linge mouillé. L’éclairage, les costumes, les clins d’œil à Dali et les numéros ahurissants sont à couper le souffle. La poésie et le surréalisme m’ont épaté, mais c’est une histoire bien ficelée d’un bout à l’autre qui m’a manqué ici. » –Anne-Marie

« Mis à part le fait que je n’ai pas compris grand-chose, l’italien fait maintenant partie d’une  des plus belles langues que je connaisse. Un spectacle divertissant qui touche à un grand nombre d’arts du cirque. Un grand merci ! » –Vladimir

«Un spectacle haut en couleur, haut en talents, haut en folies. » –Juliane

« J’ai détesté ça…c’était long, la musique était trop kitch pour moi et l’esthétique était trop cute à mes goûts. Les numéros étaient bien sûr très bien exécutés, mais je me suis plutôt ennuyé, c’est dommage… » –Benjamin

« Je m’attendais quand même à quelque chose de plus éclaté. Peut-être que je m’imaginais trop de surréalisme… Mais le cirque de Finzi Pasca est un merveilleux cirque d’images. Chaque fois que je vais voir ses mises en scène, je regarde des rêves sur scène. Et la force humaine des acrobates…wow. » –Éléonore

« Une représentation de ce qui se passait dans la tête de Dali – homme, fleur, femme, espace, couleurs – tout en gardant l’essence des performances des artistes. Bref, un méli-mélo de folies ! » –Justine

« Dali. Spectacle. Rhinocéros. Fanfare, bêtes, mort, joie, laque, piano, tourne, tourne. Fin » –Alexis

« Des bons numéros performés par d’excellents acrobates et basés autour d’une magnifique œuvre de Dali. Par contre, la mise en scène maladroite ne parvient pas à faire apprécier ce spectacle qui parait interminable. » –Quentin

« Une corrida au penchant surréaliste où la simplicité affronte la technique de haute voltige. L’univers de Dali se fragmente et s’expose dans chacun des tableaux de cette fresque acrobatique où l’on nous guide dans les méandres, souvent perfide, de la vérité. » –Claudia

LES CONTES URBAINS

Théâtre Urbi et Orbi

Samedi 8 décembre 2012 à La Licorne

La grande salle de la Licorne est bondée. Notre groupe se disperse et chacun se trouve une place dans la frénésie ambiante. Au moment où la salle plonge dans l’obscurité, le son vibrant du saxophone résonne et nous étreint. L’univers des Contes Urbains se met en place et nous aspire… Les histoires se succèdent et s’entremêlent pendant que les yeux s’écarquillent et que les rires indomptables se nouent aux silences émus. Sept conteurs portent autant de récits connectés directement à l’enfance, cet espace légendaire qui habite chacun de nous.  L’enfance comme lieu immuable traversant le temps et les générations et nous reliant indubitablement les uns aux autres. Enracinées dans le fin fond de nulle part, les histoires se déploient dans les rues de Montréal, une ville dispersée dans les quatre coins des Noël d’antan. La musique est le véhicule qui nous conduit d’un univers à l’autre et nous nous laissons réellement transporter… Quand les dernières notes résonnent et que les conteurs se rassemblent sur la petite scène, c’est toute une salle qui se lève, applaudissant l’art inaltérable du conteur. Doucement, la foule quitte les lieux, mais les sourires restent sur les visages.  Notre groupe ne fait pas exception.  Nous nous retrouvons dans le hall où nous prenons place en attendant Yvan Bienvenue, le grand manitou de ce rendez-vous annuel décidément entré dans la légende du paysage culturel montréalais. C’est en toute simplicité et avec une grande générosité que Yvan nous raconte le début des Contes Urbains et son évolution à travers le temps. L’auteur des sept textes de l’édition en cours nous livre ses inspirations, sa façon toute personnelle d’approcher la création, sa démarche dans le travail avec les acteurs. Nous discutons avec lui d’écriture, d’histoire, de dramaturgie et bien plus encore…  Au moment de se dire au revoir, j’ai l’impression que tous on été, chacun à leur façon, provoqué par ce spectacle, inspiré par cette rencontre… Les commentaires qui suivent en font foi…

Joyeuses Fêtes à vous tous !

Claudia

***

« J’ai adoré. J’ai vu ma ville dépoussiérée dans tous les sens. J’ai vu vivre des gens que je connaissais ou du moins que j’ai déjà vus. J’ai senti la chaleur des relations humaines sans artifices. Merci et Bravo. » –Benjamin

« Cette représentation a été pour moi un véritable renouement avec le mode de transmission oral. Avec un vocabulaire imagé qui communique directement avec nous. » –Nadjib

« Ces contes, c’est l’alliage de contraires, d’opposés. Ce spectacle, c’est un vaste oxymore. Un instant dans le temps, traversé par une tendresse incisive, une grivoiserie poétique et par un désir profond de renouer avec l’Autre perdu depuis longtemps derrière un écran, dans tous ses rires, ses pleurs, ses excès, son humanité. » –Juliane

« Une pièce familière, personnelle et sans filtre. » –Natasha

« Un amalgame d’anecdotes. Cru, intense, touchant, le spectacle fluctue entre la pureté de la poésie et le mauvais goût. Contraste drôle et intrigant qui mène à un contraste d’impressions : un espèce de dégoût admiratif. » –Anne-Marie

« Une pièce choquante possédant plusieurs contrastes. Des histoires captivantes qui font preuve d’un beau travail d’imagination. » –Vladimir

« Une multitude de contes qui suscitent une multitude d’émotions, de réflexions et de questionnement et qui pour de multiples années pourront me servir de modèle d’écriture. » –Quentin

« Écrire, ce n’est pas seulement savoir bien raconter des histoires. C’est aussi l’art d’un tissage riche d’anecdotes qui se chevauchent et nous surprennent. Même dans la vulgarité (ô présente), ces contes nous offrent toute leur finesse et nous rappellent à quel point le Québec, c’est affreusement beau. » –Éléonore

« Amour ? Spontanément, c’est le mot qui me vient. Et puis, Humanité. C’est beau, c’est poétique, choquant, grivois et drôle, mais merde, c’est l’humain. Et tous les gens choqués par les mots « sales », putain, c’est nous, c’est l’homme, on baise, on rit, on crie, on vie ! C’est ça. » –Alexis

« C’était la transmission d’une histoire d’un peuple québécois à travers des anecdotes farfelues qui démontrent la sensibilité de l’humain se servant d’une période familiale comme contexte. » –Justine.

« La parole couche avec la littérature puis le passé et le présent  s’enfantent mutuellement dans des récits croisés qui sentent la ville, la neige, le cul… Montréal se disperse dans les quatre coins des Noël d’antan et on file dans l’histoire sur le dos de l’enfance. L’enfance joyeuse, l’enfance inquiète, l’enfance joueuse. Les mots vibrent, crus et vifs, des images jaillissent, des rires éclatent, des silences opaques émergent. Les Contes Urbains sont tissés de tradition et de modernité : l’art impérissable du conteur est plus vivant que jamais. »    –Claudia

 

LÉO

Circle of eleven/NTE

Samedi 17 novembre 2012 à l’espace libre

Samedi, peu avant 20h, nous nous entassons dans la salle bondée du théâtre de la rue Fullum, fébriles et curieux d’aller à la découverte de cet objet étrange qui se laisse précéder par une fabuleuse réputation. LÉO, spectacle singulier mettant en vedette l’acteur-acrobate allemand Tobias Wegner dans une mise en scène de Daniel Brière, va bientôt répandre sa magie devant nos yeux.  C’est en effet un rendez-vous merveilleux que cette rencontre avec ce personnage, confiné dans une boîte et accompagné d’une simple valise. D’entrée de jeu, le procédé technique s’expose à nous : l’artiste évolue entre trois murs, une caméra à 90 degrés capte la scène et le tout est projeté sur un écran. Ainsi, comme le souligne le metteur en scène, le spectateur se définit d’emblée comme un « manipulé consentant », l’œil valsant sans cesse entre la réalité et l’illusion, jusqu’à l’embrouillement total de la perception. Nos rires se mélangent à ceux de la foule, nos visages s’illuminent devant les prouesses de l’artiste et face à cet univers unique qui se déploie devant nous. Au final, nos chaleureux applaudissements résonnent longuement et notre émerveillement est sans réserve. Cet donc un peu ébahis que nous nous retrouvons devant Daniel Brière juste après la représentation. En effet, le metteur en scène a eu la grande générosité de venir à notre rencontre pour discuter et répondre à nos questions. C’est donc dans une ambiance conviviale que nous en apprenons davantage sur le processus de création de ce spectacle singulier, sur les motivations initiales des artistes, sur les inspirations de part et d’autre, sur les moments de recherche et d’improvisation tout comme sur les difficultés et les trouvailles qui ont jalonné le parcours menant à l’œuvre finale.  Nous avons également pu discuter de la réception du spectacle au divers endroit où il s’est produit sur la planète et des réalités de la vie de tournée. Avant de quitter, certains d’entre nous ne peuvent s’empêcher de mettre les pieds sur le mur de béton ; résolument inspirés par le spectacle, il faut maintenant mettre à l’épreuve l’acrobate qui sommeille en chacun de nous…

À bientôt !

Claudia

***

« Incroyable ! Une expérience vertigineuse qui m’a permis de défier la gravité, qui a brouillé mes sens de perception. Une belle heure de magie ! » –Anne-Marie

« Un spectacle charmant et original ! » –Natasha

« Léo vient redéfinir les limites du cirque, du théâtre…et de la gravité ! » –Quentin

« Vraiment un beau spectacle, original, mystifiant et épatant, j’ai moi aussi, maintenant, envie de marcher sur les murs. » –Alexis

« C’était fou ! Non, vraiment, j’ai bien aimé. J’ai jamais vu ça et j’ai passé un très bon moment. L’illusion est parfaite ! » –Benjamin

« Brillant. J’y ai cru tout au long du spectacle. C’était crédible et impressionnant à quel point l’acteur me donne envie d’essayer tout ça chez moi, sachant que je n’y arriverai jamais… » –Justine.

« C’est ça que ça donne quand on s’amuse avec notre imagination et non en textant… La plus simple des choses devient le plus grand des rêves. C’était mignon ! » –Éléonore

« Léo change notre perception de la gravité. Avec une technique simple, la gravité prend un autre sens et montre à quel point une force à laquelle on est habitué peut être vue d’une autre façon » –Nadjib

« Un mur azur, un mur bleu marine, un mur rouge, un acrobate incroyable, une énergie candide, une sensibilité très poétique. Un excellent spectacle. » –Juliane

« Le spectaculaire et la simplicité se côtoient et se confondent et nous sommes à la fois émus et subjugué d’assister à l’éclosion de la véritable magie. » – Claudia

 

GALERIE LEONARD & BENA ELLEN et DCH/ART

Samedi 20 octobre 2012

Notre programme de la journée débute avec la visite de l’exposition Interactions présentée à la Galerie Leonard & Bena Ellen. Nous avons été accompagnés dans cette découverte par Madame Marina Polosa, coordonnatrice des programmes public et éducatif. L’exposition, en plus de présenter une douzaine d’œuvres contemporaines créée par autant  d’artistes d’ici et d’ailleurs, met en espace une réflexion sur la réception et l’interprétation de l’art contemporain. En effet, la commissaire Mélanie Rainville, en ayant recours à une méthodologie dialogique et participative, a choisi d’observer différents rapports à l’art en provoquant des rencontres entre les gens et les œuvres. Ces rencontres rendues publiques via un ensemble de documents vidéographiques et textuels placés à proximité des œuvres nous permettent à nous aussi, visiteurs, de confronter notre regard et notre expérience de l’œuvre.

Nous avons d’abord eu l’occasion d’en apprendre davantage sur l’historique de l’exposition et avons pris le temps de réfléchir sur notre conception de l’art contemporain avec qui, il est vrai, nous sommes pour la plupart peu familiers… Nous avons ensuite été conviés à choisir une œuvre et à la découvrir individuellement afin de nous immerger le plus possible dans le travail de l’artiste. Nous avons eu par la suite l’occasion effectuer un retour sur notre expérience. Ce moment, brillamment guidé par Marina, nous a véritablement permis d’approfondir notre rapport à l’art contemporain en surpassant les premières impressions, en sillonnant le regard de chacun et en creusant véritablement la réflexion. Au terme de notre discussion, tous se sont rendus à nouveau dans la galerie pour survoler l’ensemble des œuvres et poursuivre l’expérience qui, en plus d’être captivante, s’est avérée très formatrice.

Dans un second temps, nous nous sommes rendus, la tête déjà remplie d’images et de réflexions à notre deuxième rendez-vous : la galerie DCH/ART et l’exposition de Ryoji Ikeda.

Nous avons été accueillis par Daniel, notre accompagnateur, qui a pris soin de nous donner diverses informations sur la galerie,  son histoire, son fonctionnement et bien sûr, sur l’artiste japonais que nous nous apprêtions à rencontrer. Nous nous sommes ensuite engouffrés dans la galerie, plongeant sans filet dans cette œuvre singulière et vibrante.

Ikeda, chef de file au Japon en composition électronique et en arts visuels, travaille avec  minutie à orchestrer sons, images, matières, phénomènes physiques et notions mathématiques dans ses performances en direct et ses installations immersives. Dans cette exposition, l’artiste parcourt le spectre du microscopique à l’infini et ses performances, installations et œuvres statiques produisent tour à tour des ondes sinusoïdales, des pulsations sonores, des pixels de lumière et des données numériques dont émanent par moment d’extraordinaires combinaisons.

En total contraste avec notre expérience précédente, ici les œuvres ne sont accompagnées d’aucune présentation. Aucun titre ne décore le mur près de l’œuvre ou ne s’inscrit sur son socle, rien pour connaître le lieu et le temps de sa naissance au monde. Nous plongeons donc dans cet univers, quasi hypnotisé par l’ensemble des images, lumières et sons, assurément aspiré dans cette expérience globale et unique. Je sais pertinemment que notre visite n’aurait pas été la même sans la présence et l’expertise de notre guide. Ce fut un réel privilège d’être accompagné par  Daniel qui a su répondre à nos multiples questions, mais aussi nous relancer tout en nous livrant de précieuses informations, nous amenant ainsi dans les fascinants dédales de l’œuvre, de sa genèse et de ses composantes.

Au terme de la visite, nous avons eu droit à l’atelier SYNTHESTHÉSIE créé par Alexandre Quessy, Darsha Hewitt, Nelly-Ève Rajotte et Claudette Lemay de Perte de signal. Dans cet atelier ludique et novateur, nous avons été amenés à réaliser une composition sonore expérimentale à partir de collages en noir et blanc que nous avions été invités à bricoler. Ces collages, devenus des « partitions visuelles », ont ensuite été analysés par le logiciel libre SYNTHESTHESIA afin de générer des sons et d’en explorer les différentes propriétés.

Vraiment, l’expérience fut totale !

Nul besoin de vous dire que nous avons passé une magnifique journée !

Nos commentaires, que vous pouvez lire ci-bas, en témoignent.

À vous tous, je dis à bientôt !

Claudia

***

« C’était une belle expérience. Nous avons voyagé dans le monde du numérique, du concret, du rationnel, mais aussi en passant par l’absurde. J’ai eu le droit à plusieurs moments transcendantaux. Superbe ! » –Vladimir

« Différentes cultures, différentes formes d’art, que je ne regretterai jamais de voir, mais avec lesquelles je ne suis pas toujours en symphonie. Néanmoins, des réflexions intéressantes s’amèneront, je le sens. » –Éléonore

« Ma première expérience avec l’art contemporain. Des expositions interactives, créatives, agressives, mais surtout instructives. C’est intéressant de varier les sorties, j’ai bien aimé ! » –Anne-Marie

« Comment dire… je pourrais résumer l’expérience par un cauchemar agréable. Une sorte de transe dans l’infini, le discordant, l’agressant et l’excessif, mais dans laquelle on ne veut plus sortir. Le néant face à l’infini. » –Alexis

« La sortie d’aujourd’hui m’a beaucoup désorientée, surtout lors de notre visite de l’exposition de Ryoji Ikeda. J’ai toujours eu  certaines réticences quant à l’art contemporain, car celui-ci questionne profondément nos perceptions de l’art, et cette sortie m’a poussée à approfondir cette réflexion. » –Juliane

« J’ai adoré les expos. C’est comme ça qu’on découvre les merveilles de la ville. J’ai beaucoup appris et suis allé de surprise en surprise ! C’était fou ! » –Benjamin

« Durant la visite des galeries d’art contemporain, j’ai fait quelques pas pour apprendre à mieux apprécier ce type d’art. Je me suis fait une idée plus précise de ce qu’est cet art. » –Nadjib

« Il est toujours intéressant de voir le regard des artistes sur la société. Avec l’art contemporain, c’est sur la société actuelle que l’artiste se penche. Une vision si différente du monde qui nous entoure est toujours intrigante. Cette journée fut très formatrice. »

Quentin

« J’ai trouvé la visite de ces deux galeries d’art très enrichissante. Pour moi, il n’y a pas vraiment d’expérience « inutile ». Je crois qu’on peut apprendre quelques choses de toutes les activités qu’on fait même si elles ne sont pas nécessairement dans nos centres d’intérêts, et c’était le cas pour cette visite : je suis peu familière avec l’art contemporain, mais j’ai développé une nouvelle appréciation/compréhension pour cet art après ma visite d’aujourd’hui. » –Natasha

« L’œuvre d’art s’expose devant nous, fascinante ou opaque, mais ce qui prend forme véritablement, c’est le regard que nous posons sur ces œuvres. Merci infiniment à nos guides, Marina et Daniel, qui nous ont doucement aidés à ouvrir les yeux. » –Claudia

 

POÉSIE, SANDWICHS ET AUTRES SOIRS QUI PENCHENT

Attitude Locomotive

Samedi 22 septembre 2012, cinquième salle de la place des arts

Réunis dans la cuisine du TNM, nous nous préparons à manger et à discuter, dans cette rencontre qui marque le point de départ, le coup d’envoi de cette saison 2012-2013. Pour la plupart, nous ne nous sommes pas revus depuis Lyon. L’occasion est belle pour mettre en commun nos impressions sur ce voyage hors norme. Le diner est faste de retrouvailles et de commentaires divers. Nous partageons également une certaine fébrilité, car nous avons été invités à assister à la générale de Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent qui aura lieu dans quelques heures. Ce spectacle hors du commun rassemble sur une scène nue, une immense table, une vingtaine d’artistes, acteurs, chanteurs, danseurs et musiciens de renom, autour d’une quarantaine de textes poétiques dans une percutante mise en scène de Loui Mauffette. Mais dans le cœur de ce diner convivial, une surprise nous attend… Au détour de la conversation, une véritable tornade fait son entrée : Loui Mauffette, grand manitou de l’incontournable Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent a généreusement pris le temps de s’arrêter nous voir dans cette journée de générale et de première. Dans une verve passionnée, il nous dévoile les éléments déclencheurs de ce fascinant voyage au cœur de la poésie, son parcours, son processus de travail et ses défis, son regard, ses appuis, sa fébrilité. Nous en sommes tous un peu estomaqués et fascinés. Privilégié d’avoir vue de prés le créateur et de l’avoir entendu nous raconter la genèse de ce spectacle fascinant. Loui nous donne rendez-vous de l’autre côté et reprend son chemin vers les planches. Après le diner, notre petite meute se rend doucement à la 5e salle et s’installe confortablement dans le silence du lieu, curieux de voir les fils de la création poursuivre leur tissage, heureux d’être les témoins privilégiés de cette construction.

Après cette rencontre avec l’œuvre, voici en rafale les mots qui nous animent :

« Catharsis au max! Un spectacle intense et sensuel. » –Natasha

« Pièce sympathique aux 2 heures qui m’ont paru courtes, composées de hauts bien pensé et drôle, mais aussi quelques bas longs et sirupeux. Quoi qu’il en soit, c’est bien une sorte d’éloge à la poésie que j’ai vu; et je dois dire que, maintenant, j’ai envie de l’aimer moi aussi. » –Alexis

« Tellement de poésie, présentée de façon hétéroclite, qu’on en oublie les sandwichs et les soirs, qui finalement, ne penchent que trop peu. »  –Quentin

« Spectacle coup de poing ! J’ai adoré ! » –Anne-Marie

« J’ai été malheureusement très déçu par la pièce dont on m’avait vanté les qualités et dont le sens ou le but ne m’a pas semblé très clair ou intéressant à mes yeux, car je ne suis pas, à ma grande tristesse, un amateur de poésie. » –Benjamin

« Ce ne sont pas tous les mots qui nous emportent, mais quand ils le font, c’est un véritable rêve. D’autant plus que dans ce spectacle-ci, le rêve est illustré par le piano, instrument que j’adore, par la danse, par les caresses, par les cris de joie et les feuilles lancées dans les airs, par l’enfance. La poésie prend vie à travers les corps, qui deviennent des géants lorsqu’ils se jumèlent aux mots. Moi qui suis habituée à la poésie sur papier, je vois maintenant la poésie dans le son, la danse, dans l’air. Quel bel hommage de faire de tous ces textes des monuments vivants! » –Éléonore

« J’ai des mots plein le corps, des images accrochées aux yeux et l’impression diffuse d’avoir grandit. » –Claudia