For the record – Tarantino in concert / Festival de jazz de Montréal

25 juin 2014

Réunis à nouveau pour cette sortie de juin, nous profitons de l’occasion pour peaufiner la préparation pour le départ imminent du groupe vers le Sénégal. Les visas, le nécessaire à apporter dans les bagages,  les multiples informations sur le séjour : il y a tant de choses à mettre en place ! L’excitation semble s’installer doucement, mais, comme bien souvent avant d’entrer dans le voyage, saisissons-nous vraiment ce qui nous attend ? Nous discutons de tous ces impératifs, et chemin faisant, chacun découvre un peu mieux les détours du chemin à entreprendre. Invariablement, le temps nous file entre les doigts et nous atterrissons dans le bourdonnement de la place des Festivals ; Montréal prend ses airs d’été.  Nous nous retrouvons bientôt dans la Cinquième salle de la Place-des-Arts où nous avons le bonheur de plonger dans l’univers de Tarantino. L’équipe de feu de For the record-Tarantino in concert prend d’assaut la salle comme la scène et les mémorables extraits de l’œuvre du grand réalisateur s’enchevêtrent en corps, en musique et en voix. Le public de connaisseur trépigne sur sa chaise, rit, applaudit : le plaisir de retrouver des scènes cultes est évident sur bien des visages. L’expérience s’écarte résolument de ce à quoi nous avons eu le plaisir d’assister dans les derniers mois. Chacun a reçu ce moment de façon singulière et une fois de plus, le spectacle fait éclore des réflexions diverses et toutes personnelles.
C’est ici que ce termine le parcours 2013-2014. Rendez-vous de l’autre côté de l’Afrique pour d’autres récits.
Un bel été à chacun de vous !
Claudia

«Explosif (littéralement) ! Performeurs talentueux, musique éclectique, tout dans le style inimitable de Tarantino… Ça commence le Jazz Fest « with a bang! » – Natasha

«Énergie : c’est le mot pour décrire cette version scénique des films ultra-gores, ultra-intenses, ultra-outrance du Maître Tarantino. Un show énergique, éclaté, léché, oui, mais étrangement un peu mécanique, dénué du grain de folie et d’absurdité qui habite pourtant les films. La perfection technique tue-t-elle l’âme d’un spectacle ? Dommage » – Juliane

«Le spectacle fut excellent, mais le fait d’avoir une foule pas du tout enthousiaste et aussi assise ainsi qu’une salle pas vraiment adaptée à ce genre de « vibe » sent le gâchis d’énergie et de talent » –Nadjib

« Divertissement virulent et élégant, bel hommage à Tarantino performé par de très bons artistes. » – Alexis

« Un «musical», même agrémenté de coups de fusils et d’une touche Tarantino, reste un «musical». Un mélange de styles audacieux, mais qui ne m’a pas accroché. » –Quentin

« Pure american entertainment ! Des performances électriques et des dialogues classiques ; j’ai passé un très bon moment » –Benjamin

« J’ai tellement envie de me retaper tous les films de Tarantino, de Réservoir Dogs à Django. J’en ai eu un avant-goût sympathique, mais qui manquait un peu d’âme. (personne ne peut réciter des passages de la Bible aussi bien que Samuel L. Jackson !) » –Éléonore

« Ce fut un show différent de ceux que l’on a l’habitude de voir, plus dansant, plus lumineux, avec une violence spectaculaire et cynique qui m’amène à me poser quelques questions. » –Anne-Marie

 

Les Aiguilles et l’Opium de Robert Lepage

Mai 2014, Théâtre du Nouveau Monde

Ce soir, notre souper-causerie d’avant spectacle prend des airs d’exception. C’est qu’aujourd’hui se joignent à nous trois invités spéciaux ; Michelle Chanonat, Chloé Colpé et Chantale Lepage.

Michelle Chanonat est des nôtres puisqu’elle rédige un article sur le parcours des Montréalais qui sera publié dans le prochain Emporte-Pièces du TNM. Chloé travaille sur Avoir 20 ans en 2015 depuis la Belgique. En plus, d’accompagner tous les voyages à l’étranger, elle mène une recherche doctorale à l’Université de Mons où elle s’intéresse principalement au parcours des 20 jeunes Belges dans le cadre du projet. De passage à Montréal où elle donnait une conférence à l’ACFAS, elle profite de l’occasion pour mener de courtes entrevues avec les Montréalais et participer à notre rencontre de groupe.  Chantale Lepage est professeure à l’École Supérieure de théâtre de l’UQAM. Elle prépare un article pour un prochain numéro de la revue brésilienne Revista brasiliera de estudos da presença  qui portera sur le théâtre et l’éducation et a choisi de faire état du projet dans ce contexte.

Tous sont donc réunis et l’heure est aux échanges et au bilan. En répondant aux diverses questions qui leur sont posées, chacun partage son expérience et approfondit sa réflexion sur les répercussions du projet dans sa vie. Les discussions sont grandement enrichissantes et inspirent l’ensemble des convives. Les minutes s’écoulent à vitesse grand V et c’est dans une certaine effervescence que la rencontre prend fin. C’est que les jeunes ont la chance d’assister ce soir au fameux spectacle de Robert Lepage : Les Aiguilles et l’opium.

Les attentes sont grandes et comme en témoignent les réflexions suivantes, elles ont été entièrement comblées…

Au plaisir,

Claudia

«Spectacle après spectacle, ce métier me frappe au ventre. Je les regarde grandir sur scène, ces comédiens, grandir en même temps que la musique, les histoires et ce cube géant qui projette des étoiles. Il faut avoir une âme de géant pour être acteur et metteur en scène. Robert Lepage s’est une fois de plus prouvé maître des illusions. Les Aiguilles et l’Opium est un voyage qui m’a transporté au cœur de la sensibilité des créateurs tels Miles Davis.» –Éléonore

« Après Cœur de Lepage, Les Aiguilles et l’Opium fut un spectacle à la hauteur de mes attentes. Le juste dosage entre la technologie et le théâtre préserva l’authenticité de la pièce et la rendit davantage surprenante! Plusieurs brins d’humour furent rafraîchissants et contrastaient avec beauté avec le contenu plutôt pathétique de la pièce. –Vladimir

« Les Aiguilles et l’Opium est un spectacle qui nous plonge dans la mélancolie langoureuse de l’ère du jazz et plus spécifiquement dans la tumultueuse histoire d’amour entre Miles Davis et Juliette Greco, et nous touche par la vulnérabilité qu’offre le personnage de Marc Labrèche en nous racontant sa propre rupture amoureuse. Ce qui m’a le plus épatée, c’est la scénographie de Robert Lepage, qui réussit prodigieusement à défier la gravité et les conventions audio-visuelles de la scène en entremêlant cirque, cinéma, musique et théâtre. Le résultat est une pièce honnête, poignante, et au fond magique qui figure parmi mes coups de cœur de cette saison culturelle. » –Natasha

« Qu’elle est la part d’amour dans toute création? Au fond, l’art sans amour est-il possible?» –Alexis

« Les Aiguilles et l’opium nous entraine, au son des trompettes de Miles Davis et de la philosophie de Jean Cocteau, dans un monde éclectique rempli des ruelles de Paris, de ruptures amoureuses et d’opium. Une fenêtre rotative et cubique vers un univers qui en vaut le détour. » –Quentin

« Un spectacle onirique inoubliable et céleste. Robert Lepage réalise un véritable tour de force et touche tout en amusant, il s’agit là de l’œuvre d’un vrai maître. » Benjamin

« Les meilleures mises en scène sont celles où on abandonne complètement d’essayer de comprendre comment les dessous du spectacle fonctionnent. Les aiguilles et l’opium fût un de ces spectacles qui par son exécution m’impressionnent sérieusement. » –Nadjib

 

FRED PELLERIN – DE PEIGNE ET DE MISÈRE

Vendredi 11 avril / Théâtre Maisonneuve

Nous nous retrouvons à nouveau entre les murs du TNM en ce vendredi soir. La récente soirée électorale et les importants changements qu’elle laisse dans son sillage alimentent longuement nos discussions. Chacun y va de ses commentaires, impressions, questionnements, inquiétudes. Nos échanges sont chargés et sensibles. Puis, nous réfléchissons ensemble sur la représentation de Comment s’occuper de bébé. Les angles d’analyse s’additionnent dans cette œuvre complexe et chacun partage ses pensées et explications. Visiblement, ce spectacle a été percutant à bien des égards. Enfin, nous nous préparons à assister à notre prochain rendez-vous culturel : une soirée de conte en compagnie de Fred Pellerin. Après avoir partagé des informations sur la carrière de ce véritable personnage du paysage du conte québécois, certain d’entre nous nous expose leur réflexion sur l’essence, la signification et la portée de ce médium ancré dans le passé et sur le sens qu’il prend aujourd’hui. Nous sommes tous bien curieux d’entrer dans cet univers et de suivre l’un des plus grands conteurs de son époque. Le Théâtre Maisonneuve est déjà bondé et fébrile à notre arrivée. Le plaisir du public ne fera que prendre de l’ampleur tout au long de la soirée. Fred Pellerin nous entortille dans ces histoires invraisemblables et nous y plongeons, entièrement, et dans un plaisir surexcité où les rires décadents fusent sans cesse, où le sincère bonheur d’être présent illumine toute une foule. Vraiment, une soirée qui s’enracinera dans la mémoire et qui répandra de la réjouissance dans le souvenir…

Claudia

«Un homme tout seul sur scène, pas gros, pas très imposant, devant une salle pleine à craquer. Et une salle pleine à craquer qui se donne toute entière à un homme pas gros, tout seul sur scène. Pendue à ses lèvres. Beaucoup d’intelligence. Beaucoup de subtilité. Beaucoup beaucoup d’humour, une parole qui fait voyager, qui fait voir. Une parole qui nous fait nous rappeler c’est quoi, avoir-11-ans-et-demi-et-y-croire-encore. Un spectacle magnifique. » –Juliane

« C’t’un gars qui arrive et qui me sert un verre. Pourquoi pas ? Il sourit et il a l’air bien sympathique. Je goûte à son truc, ça goûte bon, c’est agréable. Là le gars, il commence à me jaser. Il jase de n’importe quoi. Et là, dans un délire de mot, de phrases sans sens, on pleure de rire devant le saugrenue de ses mots qui sortent par grumeaux rigolos et absurdes, tandis que l’alcool monte aux joues et rend ivre. Elle est vraiment bonne cette liqueur-là et cette soirée là, sortie de nulle part et qui a pas de sens. Elle est bien savoureuse. Au bout d’un temps sans durée arrive le moment des dernières gouttes. Au moment où ce gars-là versait les dernières gouttes dans mon verre, pour la première fois je regarde ce qui sort de la bouteille. C’est de la lumière. Les gouttes qui tombent dans mon verre, c’est des étoiles ! Tabarouette… ! Je regarde le gars, y sourit encore pis là, je vois, ces mots sans sens, c’était pas juste des grumeaux absurdes, c’était toutes les couleurs du monde. Pis là, j’ai compris. L’alcool qui m’avait si rapidement enivré, cette liqueur grisante, ben c’était la vie. » – Alexis

« L’ironie est magnifique ce soir : après ces élections passées à sacrer de toutes les couleurs, je me surprends à adorer l’idée que les gens aiment se faire raconter des histoires. On oublie trop souvent la nécessité de la poésie, les bienfaits qu’elle nous apporte. Poésie mensongère, poésie de rêves, poésie passagère, poésie qui voyage. J’en conserve une photographie mentale ; des regards brillants sur des visages parfaitement ordinaires. J’espère qu’ils dureront un peu plus longtemps. » – Éléonore

« Un spectacle et un artiste d’une beauté humble et sincère. Merci pour ces boules d’émotions, qui, ma foi, me firent grand bien. » –Vladimir

« Je me sens bien, je me sens bien ! C’était bon, c’était magnifique, c’était léger. C’est le genre d’œuvre que je qualifie de ‘‘feel-good’’. Ça m’a fait sentir bien… je-suis-bien » –Justine

« Fred Pellerin est un performeur sympathique, doué, et dont on ne peut qu’apprécier. Ses histoires sont candides, drôles, accrocheuses, et parfois même absurdes, mais elles dégagent des messages d’une vérité et d’une profondeur indéniables. Elles font sourire du coin des lèvres. Ce qui m’a le plus impressionné chez lui, c’est sa capacité d’employer un médium artistique plutôt arriéré et habituellement réservé aux enfants, et de l’actualiser de telle façon à le rendre divertissant et accessible pour des gens de tous âges. Preuve de quoi parfois les meilleures histoires sont celles ne requérant qu’une guitare, une bonne imagination et un bon conteur. » –Natasha

«Incroyable le pouvoir des mots! Les contes sont ce qu’il y a de plus authentique et merveilleux. J’ai passé une soirée magique. Merci, pour vrai, j’ai adoré. » – Benjamin

« Fred Pellerin m’a beaucoup impressionné, , j’ai vu quelqu’un de sérieusement excellent qui maniait et malmenait la langue pour en sortir le maximum de jus, d’émotions, mais surtout de rires.Je ne suis pas un fan des moments avec chanson, mais à ce niveau-là , il n’y a pas grand-chose à lui reprocher ce n’est qu’une question de goûts. Bref, une excellente soirée en compagnie d’un phénomène. » –Nadjib

« Fred Pellerin, par sa prose singulière, ses histoires abracadabrantes et son chaleureux contact avec le public, réussit à faire revivre l’art oublié du conte, et ce, avec brio. »- Quentin

« Je veux vivre dans la bouche de Fred Pellerin. Je veux camper là, m’assoir autour du feu des ses paroles crépitantes, son univers, et me coucher sous le ciel étoilé de ses mots, chassant du revers de la main les moustiques et les mouches de miel. Je veux y vivre, me baigner dans le fabuleux et le magique jusqu’à ce que ma peau ratatine comme un pruneau. Je veux passer mes jours ainsi, le cœur plein, gonflé d’un immense espoir et d’une paix inexprimable. » –Anne-Marie

 

Comment s’occuper de bébé

Vendredi 21 mars. Théâtre du Grand Jour / La Licorne

Nous nous retrouvons à nouveau entre les murs du TNM en ce vendredi soir. Notre discussion tourne d’abord autour de la campagne électorale qui a lieu en ce moment au Québec. La majorité des jeunes du projet iront voter pour la première fois le 7 avril prochain. Qu’est-ce que ce geste signifie pour eux ? Comment conçoivent-ils les différents enjeux électoraux ? En quel parti politique se reconnaissent-ils et pourquoi ? Bref, autant de questions sont mises sur la table et les débats s’articulent autour des idées qui préoccupent chacun d’entre eux. Échange riche et fascinant. Nous réfléchissons ensuite aux précédentes sorties au programme du parcours culturel et faisons état des diverses pistes d’analyse à envisager. Quelles thématiques sont essentielles à aborder dans un regard posé sur le spectacle Cœur de Robert Lepage ? Est-ce que ces objets d’analyse sont transposables dans une réflexion sur un match de la LNI ? En tentant de cerner ces divers enjeux, c’est une réflexion stimulante et profitable qui se met en place. Enfin, nous échangeons des informations sur notre sortie au programme, la pièce Comment s’occuper de bébé ? présentée à La Licorne par le Théâtre du Grand Jour. Tous sont heureux d’assister à ce spectacle intriguant qui, depuis sa sortie, récolte d’excellentes critiques. Nous nous rendons donc au théâtre de la rue Papineau et prenons place dans une salle bondée et fébrile. Le dispositif scénique est déjà accessible au spectateur, notre regard se balance d’un point à l’autre et la fascination s’enracine doucement. Dans cette œuvre captivante, l’éclatement dramaturgique contribue à distiller l’information autour du drame de cette femme accusée du meurtre de ses enfants. Sylvain Bélanger met brillamment en scène un mécanisme complexe et efficace où proposition médiatique et scénique se superposent, renforçant ainsi les zones d’ombres autour de la vérité, s’il en est une… Un grand spectacle qui amène le spectateur dans une profonde et réelle réflexion tant au niveau du fond que de la forme. Au terme de la soirée, le groupe à l’immense opportunité d’être rejoint par toute l’équipe de la production. Les talentueux acteurs et leur metteur en scène sont d’une grande générosité et les échanges sont passionnants et éclairants, et ce, tant sur le processus de la création que sur les enjeux idéologiques intrinsèquement liés à l’œuvre de Dennis Kelly. Rencontre précieuse et extrêmement enrichissante qui nous guide dans nos réflexions présentes et futures.

À bientôt,

Claudia

« Difficile de résumer l’expérience que j’ai vécue en assistant à cette pièce. Troublée, pensive, confuse, empathique, émue, étourdie par l’intensité de l’histoire… tous ces états d’esprit m’ont habitée en voyant « Comment s’occuper de bébé ». Plusieurs éléments m’ont plu, comme le filmage in vivo des personnages lors de leurs interrogatoires, un détail généreux car il offrait au spectateur un autre angle sous lequel capter les nuances dans les traits faciaux des personnages, tourmentes par l’émotion. Le jeu des acteurs était intense et impeccable, et l’intégration de séquences filmées permettait de combiner la liberté narrative du cinéma avec la force du rapport direct entre acteurs et spectateurs au théâtre. Bref, une excellente pièce. Merci à l’équipe de nous avoir donné de votre temps après la représentation. » –Natasha

« Un texte ingénieux et profond. Une mise en scène très bien construite, pleine d’innovations, qui capture tout de suite l’attention. Absorbée dans l’action, une de mes citations préférées m’est soudainement venue en tête: « Truth is indeed a luxury, but its absence brings about the most abject poverty in a civilisation. That is the paradox. » – Timberlake Wertenbaker. Nous avons tendance à penser que la vérité est la première victime de guerre, la première chose dont on se dispense en temps de crise. Mais cette citation, ainsi que cette superbe et terrifiante pièce de Dennis Kelly, nous rappelle que la vérité est ce mince fil de soie auquel nous devons à tout prix nous tenir et nous agripper. Le ciel est couvert de nuages, de nébuleuse. Le monde (surtout dans le temps des élections) est obscurci par la manipulation politique et médiatique. Cependant, je suis sortie du théâtre en me disant qu’il est de notre devoir d’être alertes, même dans le noir, et de toujours chercher à brandir la vérité comme une torche. » –Anne-Marie

« Les interprètes de la pièce parviennent à transporter le public dans un malaise de plus en plus intense tout au long de la représentation. Un inconfort qui fait réfléchir. » –Quentin

«Comment s’occuper de bébé?» était un spectacle qui a certainement donné du fil à retordre au public. Je n’y ai pas échappé non plus. Dennis Kelly a décidé de jouer avec une question derrière laquelle se trouvent des réflexions infinies, mais pas de réponses claires : qu’est-ce que la vérité? J’ai adoré les comédiens qui ont su bien cerner la douleur d’un infanticide et qui ont joué avec brio la zone grise de leurs personnages. » –Éléonore

« Coup de poing. Coup dans les flans, souffle coupé, mal à respirer, bulle d’anxiété, identification douloureuse, vertige du non-retour, catharsis, fiction-qui-frappe-trop-près, fiction-qui-gueule-trop-vrai, boum, en plein dans le plexus. Première fois que je sors d’un spectacle avec une cage thoracique explosée. » –Juliane.

« Comment cerner la vérité, y en a-t-il seulement une? Et si oui, que vaut-elle? Tout ce qu’il reste c’est l’incommensurable fragilité de l’âme humaine et, surtout, sa beauté intrinsèque. C’est une excellente pièce, juste et très bien montée qui nous rappelle une des grandes missions de l’art: nous présenter à nous-mêmes. » –Alexis

 

LNI – Ligue Nationale d’Improvisation

Lundi 3 mars

Il est à peine 18h que déjà la foule s’agglutine devant les portes du Club Soda. Notre groupe se joint à la file d’attente dans le vent glacial. Il y a de l’effervescence dans l’air ! Ce soir, les Oranges affrontent les Bleus. Cette rencontre marque du même coup le lancement de la saison 2013-2014 de la Ligue Nationale d’Improvisation. C’est parmi une salle bondée que nous nous attablons dans l’attente du début du match. Nicolas Pinson, maitre de cérémonie, ouvre la soirée et anime la foule déjà fébrile. Il prend même le soin de saluer les jeunes du projet au passage ! Notre groupe ne s’y attendait pas et il est vrai que nous en sommes pantois… Des joueurs de toutes les équipes rejoignent les officiels dans l’improvisoire et tous entonnent l’hymne, appuyés par le public. L’arbitre en chef, Simon Rousseau, sonne le début du match et nous assistons à une enfilade d’improvisations de haut calibre. Les joueurs rivalisent d’adresse, les personnages et situations loufoques se succèdent pour notre plus grand plaisir. Je crois que tous ressortent de l’expérience galvanisés, ébahies même, les joues endolories et le sourire bien collé au visage… Vive l’impro ! Longue vie à la LNI !

Claudia

« Cette première expérience de match d’improvisation m’a donné la piqûre ! Je suis agréablement étonnée par la rapidité d’esprit des acteurs !! » – Justine

« J’ai été étonné de la qualité des improvisations. Ne m’attendant pas à grand chose, les deux équipes ont réussi à changer mes préjugés face à l’impro. En espérant avoir la chance d’en revoir dans le futur. » – Quentin

 

« Ah l’impro…mon sport préféré. Très drôle, très belle ambiance ! Vitesse, jeu de mots, gags physiques, écoute, complicité… J’admire ces comédiens et j’aspire à un jour pouvoir rebondir et réagir avec autant de virtuosité. » – Anne-Marie

 

« Des improvisations fort divertissantes. Merci. » – Vladimir

« Je suis toujours impressionnée par la concentration et l’imagination des joueurs d’impro ! J’ai un nouveau métier dans le programme de mon futur : auteur de thèmes d’improvisation! » – Éléonore

« Élégants et vifs échanges. Vivifiant. Le clou de la soirée : « Confidance. » – Alexis    

« Ma relation avec l’improvisation se résumait à changer de chaîne lorsque je regarde la télé. J’ai été agréablement surpris de trouver des passages brillants. » – Nadjib

« J’aurais aimé être fort pour comprendre l’étendue de leur talent en secondes terrestres. » – Benjamin

« Impressionnant de voir ces personnes créer des situations narratives en si peu de temps étant donné toutes les contraintes ! Ambiance dynamique et conviviale. Merci de nous accueillir ! » – Natasha

« Soirée de type électrisante ayant pour titre « Ayoye, j’ai donc ben mal aux joues ! » Catégorie : « Trop de talent sur scène » Durée : « J’en aurais redemandé. » – Juliane

 

Coeur – Ex Machina et Robert Lepage

31 janvier 2014.

Nous nous retrouvons à nouveau entre les murs du TNM pour notre rencontre d’avant spectacle. Ce soir, nous discutons brièvement des diverses activités auxquelles nous avons eu le privilège de prendre part depuis notre dernière réunion. D’abord, la générale d’Icare à laquelle tous ont été présents en compagnie de leurs parents puis, plusieurs ont également répondu à l’invitation spéciale d’assister à la représentation de Marie Tudor au Théâtre Denise-Pelletier. Nous soulignons aussi l’excellent travail de Justine qui a pris en charge le montage de la vidéo de présentation des Montréalais. Cette vidéo, destinée en premier lieu à Liliam Thuram, joueur de football français de renommé international qui accompagnera le groupe lors du prochain voyage, fut pour plusieurs un bel exercice d’introspection et une expérience ludique devant la caméra. Nous échangeons quelques mots sur le voyage à venir et je sens bien que la fébrilité gagne le groupe lentement mais sûrement. Ceci étant dit, ce soir, l’objet de notre entière attention est notre sortie officielle sur laquelle il y a tant à dire : nous avons la chance d’assister au spectacle Cœur de Ex Machina et Robert Lepage présenté à la Tohu. Avant de s’y rendre, certains partagent au groupe leur expérience de Pique, premier spectacle de la tétralogie Jeux de Cartes. Nous discutons également des spécificités de cette production, chacun ayant eu vent de ce dispositif scénique hors du commun, de l’unicité de la démarche de création de Lepage et de son équipe. Le groupe met en commun ses connaissances sur l’artiste québécois de grande renommée, sur ses œuvres précédentes, sur les Cycles Repères que certains ont expérimentés par le passé. Nous quittons le TNM et arpentons les rues de la ville, empruntons les transports en commun, partageons silences et folies dans les dédales d’un parcours embellit par le plaisir d’être ensemble. Nous prenons de l’avance pour profiter de ce lieu unique qu’est la Tohu. Il faut dire que ce soir, le programme est d’une réelle richesse. Je tenais à ce que le groupe ait le temps d’arrêter son regard sur chacune des photographies de Paul-Antoine Pichard, présentées dans le cadre de son exposition Poussière de vie. Le photographe français témoigne ici de la terrible réalité des enfants de la rue des quatre coins du monde. Loin du sensationnaliste, l’artiste pose un regard lucide et sensible sur une vérité qui nous ébranle et qui nous amène indéniablement à réfléchir sur les entailles qui sont, au-delà du concevable, infligées à l’enfance. Le public s’entasse dans la Hall Bohu, s’attardant près des images de Pichard ou devant la petite scène qui accueille l’auteur-compositeur-interprète Nedjim Bouizzoul. C’est en effet la musique de l’artiste d’origine algérienne qui retentit dans l’espace. À la Tohu, l’avant-spectacle est une expérience totale !

Nous prenons ensuite place dans la salle pour l’œuvre maitresse de la soirée. Nous demeurons les yeux grands ouverts tout au long de cette représentation unique où l’impressionnant dispositif scénique, la rigueur et le perfectionnement technologique n’étouffent pas la singulière vérité de ces destins qui s’entrecroisent. Fascinant amalgame d’images, de personnages et d’histoires. Pour ma part, je serai longtemps à réfléchir à la richesse de ce spectacle, du traitement de ces thèmes et de ces symboles.

Au terme de la représentation, les acteurs viennent s’asseoir devant une foule réduite, mais non moins curieuse d’en apprendre davantage sur le parcours des créateurs. Paul Lefebvre guide cette rencontre et les questions ne tardent pas à surgir dans l’assistance. Processus de création, espace scénographique, défi technique, dramaturgie, Robert Lepage et ses acteurs répondent à tout généreusement. Pour l’ultime question de la soirée, un spectateur souligne la parenté qu’il perçoit entre cette œuvre de Lepage et celle de Wajdi Mouawad. Nous échangeons des regards fascinés à l’écoute du récit d’une rencontre entre les deux hommes de théâtre. Décidément, et pour plusieurs raisons, notre soirée fut mémorable.

Au plaisir,

Claudia

« Un projecteur de rêves, de miracles et de mirages. Un voile déployé, qui nous révèle et nous sépare du cœur. Une scène circulaire qui symbolise les rotations de la terre. « Ne bouge pas » ordonne le photographe au jeune algérien. Ne bouge pas ne te tourne pas, ne regarde pas, ne résiste pas. Reste immobile et obéissant. J’ai été incroyablement touchée par cette histoire, surtout dans le contexte actuel où l’on se questionne sur notre relation avec l’Autre. » –Anne-Marie

« Ah. Les histoires, les acteurs et la technologie qui les sert. Enfin. Pol Pelletier a dit : Un comédien doit mettre son public en danger, sinon il ne sait pas ce qu’il fait. J’ai eu quelques moments de danger et j’en reprendrais encore. » –Éléonore

« Un spectacle captivant, tant au plan visuel que sur celui de la trame narrative : Cœur offre une histoire touchante sur des thèmes universels comme l’amour et le retour aux origines tout en offrant au spectateur une expérience théâtrale empruntant ses qualités au cinéma et à la magie. » –Natasha

« Le spectacle, d’une durée certaine, fait toutefois preuve d’une légèreté fort agréable. Le jeu des acteurs, leurs mouvements, ainsi que leurs dialogues étaient d’une justesse remarquable. Un très beau spectacle, où les effets du théâtre 360 le rendaient davantage captivant. Merci ! » – Vladimir

« Quête identitaire au parfum moyen-oriental dans un grand tour de magie monumental » – Alexis

« Le bon texte rehaussé par l’excellent jeu des acteurs et actrices s’allie merveilleusement avec la scénographie poignante pour créer un univers à la fois drôle et dramatique, qui mérite le détour et en vaut largement la chandelle. » –Quentin

« Robert Lepage m’a de nouveau séduit. Son imagination et la brutalité de sa vérité ne cessent de remettre en cause les sujets les plus brulants, participant activement au monde qui l’entoure, le modifiant. Son message est direct et sans artifice: Coeur. » –Benjamin

 

Visite du TNM

Samedi 14 décembre.

Notre rencontre débute dans la salle VIP du TNM. Nous prenons d’abord le temps de revenir sur notre participation à l’évènement FIN NOVEMBRE et réfléchissons à la portée de cette expérience dans nos vies. Chacun y va de son commentaire et de ses réflexions et je sens bien que les rencontres et les discussions qui ont eu lieu lors de cette journée ne sont pas anodines… Au terme de notre discussion, nous sommes rejoints par Annie Gascon, directrice communication, marketing et développement international du TNM. Annie connaît bien les jeunes du projet puisqu’elle a accompagné le groupe lors du voyage à Athènes. C’est donc dans un bonheur partagé que tous se retrouvent en ce beau samedi hivernal. Aujourd’hui, Annie a généreusement accepté de guider le groupe dans la découverte du Théâtre du Nouveau Monde, ce haut lieu de culture qui nous ouvre si souvent ses portes. Mais est-ce que tous connaissent vraiment la grandeur de ce théâtre et tous les fils du passé qui ont tissé l’univers que l’on côtoie aujourd’hui ?  En amenant les jeunes dans l’envers du décor, Annie ouvre aussi toutes grandes les portes de l’Histoire. Avant de débuter la visite, Marc Lespérance, directeur de production, vient prendre place à notre table. Nous profitons de l’occasion pour le questionner sur son métier, sur les projets qui l’occupent, sur les défis qu’il rencontre. Il nous partage sa vision avec enthousiasme pour le plus grand bonheur de tous ! Il aura même la générosité de nous guider dans les structures vertigineuses de  l’arrière-scène, nous informant sur les divers aspects constituant cet autre versant de l’espace scénique. Puis, Annie prend le relai du récit et nous fait découvrir les recoins de la scène, des loges, des sous-sols et de ses trésors… Mais surtout, elle prend le temps de nous raconter les moments clés de l’histoire du théâtre, le rôle de ses fondateurs, ses moments de gloire et de tempête. Ses connaissances et sa passion nous inspirent et nous transportent. Savoureux moment de partage. Les phrases qui suivent en sont les témoins éloquents.

Joyeuses Fêtes à tous,

Claudia

« C’est lors de moments comme ceux-ci que l’on s’aperçoit à quel point on dépasse rarement un contact de surface avec les lieux que l’on côtoie. Le TNM, le lieu de rencontre du groupe depuis trois ans, nous était pourtant resté une terra incognita et c’est un véritable plaisir d’en explorer les recoins cachés. » –Juliane

« Fascinant d’en apprendre sur un lieu que je fréquente souvent. Annie a été formidable. » –Nadjib

« Quel privilège de pouvoir découvrir le TNM de haut en bas, littéralement. Considérant qu’on est déjà tellement chanceux de fréquenter l’endroit. Merci à Annie pour la visite et pour nous avoir démontrer l’ampleur, autant physique que historique de ce théâtre. »  –Justine

« La visite du TNM fut une visite de l’envers du décor… mais aussi de ses dessous et de ses dessus! Un inspirant après-midi dans un lieu riche en histoire! » – Quentin

« J’ai bien apprécié ma visite du TNM aujourd’hui. De gravir les escaliers d’arrière-scène et d’être informée du côté logistique des pièces de théâtre par le directeur de production, Marc, a été une expérience vertigineuse et informative. D’aller dans les loges d’acteurs et de mettre les pieds sur la grande scène a été très intéressant également. Finalement, se faire raconter l’histoire du TNM et du développement du théâtre à Montréal m’a fait réaliser à quel point le théâtre à une importance sociale. Ceci dit, merci à Annie Gascon et Marc Lespérance pour votre temps ! » – Natasha

« De cette visite très instructive, je ne retiens qu’une chose : le théâtre, ça dérange. Ça me rappelle pourquoi je l’aime tant. » –Éléonore

« Comment résister à un théâtre vide et silencieux, mais tout plein de fantômes quand, en plus, Annie Gascon nous parachute dans l’histoire du théâtre québécois. Amour. » –Alexis

FIN NOVEMBRE (ATSA)

Samedi 23 novembre 2013.

Il est bientôt 11h et déjà, le vent nous pique les joues. «L’équipe de jour » composée de Quentin, Natasha, Alexis et Anne-Marie, me retrouve au coin des rues Berri et St-Catherine et ensemble, nous participons au lent réveille du parc Émilie-Gamelin. Aujourd’hui rien n’est semblable au quotidien de ce repère animé du centre-ville : l’ATSA occupe les lieux et déploie sa FIN NOVEMBRE, évènement de création interdisciplinaire axé sur des valeurs sociales inclusives, produit dans la lignée de l’emblématique ÉTAT D’URGENCE. Cette année, FIN NOVEMBRE est conçu sur le thème de « DORMIR DEHORS », problématique liée au phénomène de l’itinérance et d’autant plus préoccupante à l’approche des grands froids. Les jeunes du projet prennent aujourd’hui le chapeau de médiateur culturel. En effet, ils sont en charge d’inviter les gens à prendre part aux œuvres participatives de Angora et de Garage Beauty et à aller à la rencontre du travail des artistes multidisciplinaires et engagés, fondateur de cet évènement hors norme : Annie Roy et Pierre Allard.  Tous sont également sur place pour rencontrer et informer les personnes qui s’amènent sur le site de l’évènement, population composée en grande partie de gens de la rue.

Au départ, chacun se mêle timidement aux gens qui arrivent sur le site ou qui font la queue pour un café bien chaud. L’équipe installe le matériel pour la grande « courtepointe de papier » d’Angora. Tous observent et explorent le site et les œuvres qui le jalonnent, s’ouvrant doucement à la rencontre. Puis, le froid fait son œuvre et on est attiré par les « feux de poubelle », partageant un peu de cette chaleur avec les gens qui nous entourent, échangeant un mot et puis un autre. L’instant suivant, chacun à accès aux récits des uns et des autres : Anecdotes, commentaires et réflexions sur une vision du monde, de la politique, de l’art, mais aussi histoires de vie, confidences offertes à ceux qui ont le plaisir de savoir écouter.

« L’équipe de soir » composé de Benjamin, Nadjib, Vladimir, Éléonore et Juliane, prendra le relai à 17h. Les échanges se poursuivront autour de la courtepointe de papier ou encore avec en main les soupes chaudes. Les prétextes aux rencontres se multiplient et les conversations s’accumulent. Chaque jeune du projet aura vécu cette journée à sa façon en développant des connexions personnelles et uniques  avec le monde qui l’entoure.

Voici, dans les mots qui suivent, un peu de ce qui leur appartient,

À bientôt,

Claudia

« Ce fut un réel privilège de participer à l’évènement « Fin Novembre ». Quelle expérience touchante et sympathique, qui nous a fait tout remettre en perspective. Immense chapeau aux créateurs de cette initiative, Pierre Allard et Annie Roy. » –Natasha

« Nous sommes 50 jeunes très privilégiés, laissez-moi vous dire. J’en suis toujours émerveillé et je vous en remercie comme je peux, les yeux pétillants et le sourire béat. Cette opportunité de voyage et de découverte risque d’être le plus bel acte de générosité dont j’aurais la chance d’être témoin. Année après année, nous n’avons fait que recevoir, recevoir et rencontrer à bras ouverts, recevoir et récolter des perles d’amitié, de connaissance et de culture. Il était temps que nous nous impliquions, que nous partagions a notre tour ce que nous avons acquis avec les autres. Je suis ravie d’avoir participé à cet incroyable festival pour les itinérants. Les mots qui m’ont le plus le marqué pendant notre voyage a Auschwitz sont ceux du survivant Armand. Il soutenait que l’ INDIFFÉRENCE est l’une des plus grandes formes de cruauté humaine, celle contre laquelle nous devons tous lutter dans notre propre communauté. C’est ce que le festival m’a permis de faire. Le vent me fouettant le visage, j’ai soudainement pris conscience de mon aveuglement volontaire. Cette journée glaciale m’a ouvert les yeux sur les terribles conditions dans lesquelles vivent les sans-abris et le peu de son temps qu’il faut sacrifier pour leur venir en aide. La journée m’a apporté d’un côté une grande joie, mais aussi une grande tristesse. En leur réservant, pour un après-midi entier, toute mon attention et mes sourires, j’ai constaté à quel point il m’était facile de bavarder avec eux et de détruire ce mur de méfiance et désintéressement que je dressais par habitude en leur présence. J’ai aussi réalisé à quel point il m’était facile de rentrer au chaud à la maison après quelques heures… chose qu’eux ne pouvaient pas faire… » –Anne-Marie

« Participer à l’ATSA fut pour moi l’occasion d’un premier contact réel avec des itinérants. Cette rencontre m’a amené à me poser plusieurs questions et à réfléchir quant à notre modèle actuel de société. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas? Le capitalisme? L’état? Peut-être, au hasard d’un coin de rue, aurais-je la chance, auprès de ceux qu’on veut trop souvent oublier, de trouver réponse à mes questions. » –Quentin

«Je compare la proximité et la chaleur humaine d’ici, tentes glaciales remplies d’itinérants à celles d’un là-bas, centre-ville bondé de gens veston-cravate-tailleur à 9h00 le matin. Non, ce n’est pas comparable. La proximité n’existe plus dans un centre-ville plein de gens riches. Il n’y a pas de chaleur humaine dans une soirée mondaine. Je préfère encore les tentes dans un parc Émilie-Gamelin à moins huit milles degrés. Là, au moins, je peux jouer du tambour avec des crayons, réciter des jeux de mots fleuris et parler intelligemment de politique. Je préfère aussi sourire à un sans-abri: l’argent, une fois dépensé, ne sert plus. Le sourire, une fois pensé, reste longtemps.» -Éléonore

« Voilà longtemps que j’avais passé du temps dans un évènement semblable. De voir l’entraide, le bonheur émerger d’une soirée si froide m’a bien évidemment réchauffé. Merci aux organisateurs de donner une chance à ceux qui n’en ont pas eu vraiment. C’était très humain. » – Benjamin

« Il faisait si froid et pourtant je n’ai pas souvent eu de contact aussi chaleureux et simple avec d’autres êtres humains. Je n’ai jamais vu personne affronter l’adversité avec un plus grand sourire ou des yeux plus pétillants. C’était une expérience véritablement inoubliable. » – Alexis

« Ce fut une expérience très troublante pour moi qui habite si proche d’un endroit ou tant de monde ont vraiment froid. Sans aucun appel à l’émotion, j’ai vraiment pensé avoir compris légèrement ce que c’est de vivre dehors. » – Nadjib.

« Une méchante claque dans la gueule et étonnement, un moment de douceur, porté par la poésie un peu poquée de la rue. Des rencontres surtout. Des individualités qui reprennent la place que notre regard fuyant de passants leur dénie. Journée de froid, journée de vulnérabilité, journée d’espoir, malgré tout. » – Juliane

IMPACT de Montréal

Nous nous retrouvons aux portes du TNM qui, comme un précieux Quartier Général, nous accueille à nouveau pour cette toute première rencontre de l’année 2013-2014. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis notre retour de Pologne. L’été nous a filé entre les doigts, la rentrée nous a rattrapé et à travers ces jours qui ont passé, chacun a pu en se racontant, faire le point sur ce voyage, sur cette expérience parfois difficile à qualifier. Comment avons-nous transmis cette histoire ? Qu’avions-nous à en dire ? Que voulions-nous partager? C’est en échangeant sur toutes ses questions que nous en sommes venus à faire un retour sur cette expérience commune que chacun a vécue de façon toute personnelle. Et puis, en nous retrouvant, nous constatons tout le chemin qui nous reste à parcourir ensemble : des rencontres humaines et culturelles et un nouveau périple qui pointe à l’horizon. Tous sont curieux et emballés d’en savoir plus sur ce qui nous attend et le temps du diner s’écoule pendant  que nous discutons, organisons, prévoyons, rêvons…

Dans le cadre du prochain voyage à l’étranger qui aura lieu à l’été 2014, le groupe sera accompagné par Lilian Thuram, ancien footballeur international français. À l’image de nos confrères européens qui ont l’habitude de l’effervescence des matchs de foot, nous souhaitions vivement pouvoir faire vivre cette expérience aux jeunes montréalais en les amenant à encourager notre équipe montréalaise. Notre sortie de septembre marque donc d’une façon toute particulière et festive notre entrée dans cette nouvelle année ! C’est dans une fébrilité généralisée que nous nous rendons vers le stade Saputo, se lassant gagner peu à peu par l’effervescence du match. À notre arrivée, nous marchons sous les gradins, la foule tape déjà du pied, une grande vague de frénésie traverse le stade, les supporters s’activent sans relâche et les joueurs font leur entrée. Le match suit son cours et l’ambiance est de la partie ! Malgré la défaite de notre équipe tous sont heureux d’avoir pu prendre part à cet évènement. Être parmi la foule est une expérience en soi !

Notre saison 2013-2014 est donc officiellement lancée ! J’ai à nouveau le bonheur de vous transmettre les palpitations de cette expérience privilégiée et tous auront l’occasion d’inscrire les diverses réflexions issues de ces évènements. Si notre parcours vous inspire, vous questionne, si la parole vous démange, n’hésitez jamais à vous manifester !

Claudia Bilodeau

Animatrice et coordonnatrice

Avoir 20 ans en 2015

bilodeauclaudia@gmail.com

« Malgré une défaite décevante, notre excursion au stade Saputo n’en fut pas moins plaisante. Elle me permit de me découvrir un intérêt pour le soccer, pour l’Impact et pour le sport en général, plus participatif que les formes d’arts «classiques». » – Quentin

« C’était intéressant et excitant d’assister pour la première fois à un match de l’Impact. Merci à ceux qui nous ont offert ces beaux billets ! » – Natasha

« Un peu déçue du résultat final, mais assister à un tel évènement sportif était une très belle expérience ! Remplie d’énergie ! » – Justine

« Une sortie marquée par le froid, autant dans la couleur omniprésente (bleu!) que dans la température, que dans le ressenti d’après défaite. Cela dit, une expérience pleine de vitalité ! » – Juliane

« La plus belle défaite de ma vie ! » – Benjamin

« Ils ont si bien perdu que j’en suis presque ému » – Nadjib

« J’ai tendance à oublier à quel point le sport réussit à souder une communauté. Et pourtant, c’est une expérience incroyable à vivre au moins une fois dans sa vie. Ce sentiment de hurler, chanter en cœur, taper du pied, se lever d’un coup et échapper son pop corn dans les gradins. J’ai mieux aimé me laisser emporter par la foule et participer à ce «rituel » sportif de la ville de Montréal. » – Anne-Marie

« Noooon ! Sortez de votre mollesse joueurs ! Je sombre dans la déception profonde en cette absence de buts devant les monstres blancs de Vancouver… Infamie ! Trahison !… et vivre le Québec libre et ces supporters frustrés ! » – Éléonore

« Au-delà du sport, de la victoire ou de la défaite, c’est toujours la force du collectif qui m’apparaît si vivement dans ce type d’expérience. Des supporters qui s’activent sans relâche, une foule qui se lève d’un seul bond, des voix qui s’élèvent, protestent, acclament ! C’est grisant d’y être ! » – Claudia

UBU SUR LA TABLE

Nous nous retrouvons cette fois dans un petit resto de la rue Jean-Talon. Cette courte heure que nous passons ensemble avant de franchir les portes du Théâtre aux Écuries nous permet d’aborder les divers éléments qui animent ce grand projet : une participation imminente à l’évènement FIN NOVEMBRE, la création d’un vidéo de présentation, la rencontre avec les créateurs d’UBU SUR LA TABLE,  un atelier de théâtre sonore avec Felix Boisvert. Dans un désordre organisé, chacun y va de ses questions, commentaires, idées. Tout se met en place pendant que le temps nous file entre les doigts. Le groupe s’engouffre ensuite dans la noirceur de l’automne, le ventre plein et une multitude de plans en gestation. À notre arrivée Aux Écuries, nous sommes happés par une population grouillante et fébrile qui occupe chaque recoin de l’espace. Nous sommes de ces privilégiés qui avons une place assurée pour la représentation du très couru UBU SUR LA TABLE. Juste avant le spectacle, les jeunes du projet sont invités à se joindre à un groupe d’un cégep montréalais pour une rencontre avec Francis Monty et Olivier Ducas. Les fondateurs du Théâtre de la Pire Espèce exposent leur parcours, leur vision et les détours de leur expérience avec l’objet, avec UBU, avec leur public. L’échange nourrit les attentes envers ce duo inspirant et rien dans le spectacle ne vient altérer les espoirs, bien au contraire ! La foule est en délire ! C’est avec le sourire bien gravé au visage que chacun quitte la salle… Certains jeunes du groupe demeurent sur place et se prêtent au jeu du théâtre sonore guidé par Félix Boisvert. Le musicien-marionnettiste amène les spectateurs dans l’univers de son très beau Concerto au Sol, où la main devient personnage, où le son devient moteur. Belle provocation créatrice! L’évènement d’octobre aura donc été multiple et riche et les phrases qui suivent témoignent bien du plaisir certain de l’expérience…

À bientôt,

Claudia

« Comme c’était agréable ! Flatulences et excréments. Un véritable moment de plaisir. Un retour en enfance bien venu, comme seul le théâtre d’objet en est capable. Moi aussi j’ai envie maintenant de me faire des armées de fourchettes cordées sur des baguettes de pain ! » –Alexis

« Je retrouve l’énergie enfantine de Princesse K ! Faire ce tour du monde pour jouer avec des objets et propager le rire, n’importe quand ! Le plus beau, c’est que ces cuillères n’étaient plus des cuillères. Ces théières n’étaient plus des théières. Et au milieu de ces pipi-caca-prouts, j’ai vu une leçon de désobéissance civile. Pour la millième fois, vive la créativité ! » –Éléonore

« Quelle énergie ! Quel humour ! C’est le plus beau chaos auquel j’ai assisté. Je n’ai jamais autant vu de sens dans du n’importe quoi. Merci pour ce retour en enfance ! » –Justine

« Très original ! Bravo aux deux acteurs pour avoir si astucieusement donné une vie à ces objets. » –Natasha

« Objectivement une des meilleures productions théâtrales à laquelle j’ai assisté! » –Quentin

« Une expérience carnavalesque à mourir de rire et qui nous amène, mine de rien, à la réflexion. Bravo à ces deux artistes qui ont réussi à traiter le thème pipi/caca avec créativité, brio et une précision gestuelle incroyable. Ce fut une très belle soirée ! » – Anne-Marie

« Superbe pièce. Jamais n’aurais-je cru qu’il serait possible de faire autant de choses avec de tels objets anodins, et ce, en rendant le tout très comique ! Ce fut un spectacle léger, divertissant, mais qui fit toutefois preuve de grandes pensées. Bravo ! » –Vladimir

« J’ai adoré la pièce! J’y ai vu une grande amitié et une sincère complicité. Comme toujours, on retombe en enfance lorsqu’on assiste à un de leurs spectacles. Merci beaucoup, j’ai voyagé! » –Benjamin

 »Ubu sur la table montre qu’en faisant appel a l’imagination des spectateurs, le résultat arrive à être tout à fait charmant. le charisme des deux comédiens propage une joie parmi tous, et nous restons les yeux rivés sur une fourchette, bouteille ou tout autre instrument de cuisine , tentant de donner vie au métal ou au verre . » –Nadjib

« Humour, délire, magie. L’euphorie du jeu et le plaisir gourmand des acteurs nous pète au visage, nous éclabousse, nous contamine. Longue vie aux rois ! » –Claudia