
Elizabeth, roi d'Angleterre
SUPPLÉMENTAIRE LE MARDI 12 FÉVRIER, 20 H
Durée du spectacle : 1 h 50 minutes, sans entracte
De Timothy Findley
Traduction René-Daniel Dubois
Mise en scène René Richard Cyr
Traduction
Décaper L’Opéra de quat’sous
Depuis 15 ans, René-Daniel Dubois a traduit une dizaine d’œuvres dramatiques dont Elizabeth, roi d’Angleterre de Timothy Findley, présenté la saison dernière. En théâtre, traduire est un travail de terrain, d’où le mandat que s’est donné la direction du Théâtre du Nouveau Monde d’engager des auteurs dramatiques à cette fin. Pour celui que l’on surnomme RDD, ce travail est ludique et social. C’est un plaisir qui le met en relation avec l’œuvre d’un autre écrivain d’une part et, d’autre part, avec une équipe de création. Ces contacts changent de l’habituelle solitude de l’écrivain.
L’essentiel de son travail sur L’Opéra de quat’sous a été de grounder l’œuvre, de l’enraciner dans le réel, ou plutôt de l’ancrer dans cette sorte de concentré de réel qui prend toute sa force au théâtre et de s’en approprier la vitalité et l’impertinente pertinence. Les effets de proximité et de distance propres à l’allemand de Brecht ne pouvant se transférer tels quels d’une langue à l’autre, le passage au français appelait à une vigoureuse réactualisation de la portée théâtrale de ses mots si mordants. L’Opéra de quat’sous frappa de plein fouet le public de 1928. Comment retrouver cette énergie enlevante, cette subversion joyeuse si frappante en son temps ?
Pour RDD, il s’agissait de décaper l’œuvre de toutes ses couches culturelles accumulées. Il existe des dizaines de traductions, chaque génération a revisité, relu la pièce, se l’est appropriée en fonction de son propre contexte.
Par Gilbert Turp
