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Photo : Jean-François Gratton / Une communication d'orangetango
Pascale Montpetit, Sylvie Drapeau et Sophie Cadieux forment un trio de Castafiore au charme irrésistible !





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L'Imprésario de Smyrne

DU 15 AVRIL AU 10 MAI 2008
Durée du spectacle : 2 h 30 avec entracte
De Carlo Goldoni
Traduction Marco Micone
Mise en scène Carl Béchard

Marco Micone

Les liens entre Lorraine Pintal et l’auteur de théâtre, traducteur, prosateur

et essayiste Marco Micone datent de plus de vingt ans. En effet, en 1983 et

1984, au café-théâtre La Licorne, situé alors dans un minuscule local sur

le boulevard Saint-Laurent, dans la côte entre Ontario et Sherbrooke,

Lorraine Pintal signait coup sur coup la mise en scène des deux premières

pièces de Marco Micone, Addolorata et Gens du silence. Puis, devenue

directrice artistique du TNM, elle l’invite à traduire Six personnages en

quête d’auteur de Luigi Pirandello, première pièce de la première saison

qu’elle conçoit : c’est là le début d’une fructueuse collaboration qui

devait permettre à Marco Micone de travailler avec plusieurs metteurs en

scène (Martine Beaulne, André Brassard, Paul Buissonneau, Daniel

Roussel), de traduire tous les Goldoni présentés depuis (La Locandiera,

La Serva amorosa, aujourd’hui L’Imprésario de Smyrne), mais également

L’Oiseau vert de Gozzi et même Shakespeare et sa Mégère apprivoisée.

Plus que jamais, avec cette adaptation qu’il signe de l’oeuvre, Marco

Micone l’affirme haut et fort : « Chacune de mes traductions est une

transformation du texte d’origine. » À ses yeux, le traducteur est un

inventeur. Aussi revendique-t-il le droit du traducteur d’être un traître :

tradutore tradittore, comme le dit le proverbe italien!


Marco Micone n’est pas le partisan des traductions littérales, obéissantes

et respectueuses du texte original. C’est un traducteur qui jamais ne

cesse d’être écrivain, qui squatte les oeuvres, les réinvente et les met à

sa main, leur fait traverser les siècles en les dépoussiérant, les assouplissant

et les vivifiant. Auteur de L’Imprésario de Smyrne presque au

même titre que son illustre compatriote italien, Marco Micone donne à ce

texte vieux de près de trois siècles une vitalité débordante et une actualité

étonnante. Goldoni lui-même insistait sur la langue de ses personnages

et sur sa prononciation, et il raconte d’ailleurs dans la préface qu’il a

signée pour Barouf à Chioggia qu’il eut le plus grand mal à instruire ses

comédiens «jusqu’à ce qu’ils imitent la cadence et l’accent des finales,

car les verbes, notait-il, se terminent pour ainsi dire par trois ou quatre,

comme s’ils se prononçaient andareeee, sentireeee, stareeee... » Grand

amoureux des langues et des mots, Marco Micone est aux anges lorsqu’il

aborde l’oeuvre de Goldoni, et l’on peut imaginer que c’est d’abord par le

rythme et les scansions sonores qu’il a retrouvé le tempo de l’italien, ici

transposé et rendu dans notre langue, mais un italien qu’on peut pourtant

saisir à chaque instant, à chaque exclamation, dans un efficace

crescendo de rires.

STÉPHANE LÉPINE