photo_piece_La Déraison d'amour
Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango

La Déraison d'amour

DU 2 AU 13 JUIN 2009

D'après les écrits de Marie de l'Incarnation
Texte établi par Jean-Daniel Lafond
en collaboration avec Marie Tifo
Mise en scène Lorraine Pintal
Une coproduction du Théâtre du Trident et du TNM
En collaboration avec la Société du 400e et le Grand Théâtre de Québec

Lorraine Pintal

INTENTIONS DE MISE EN SCÈNE 

Il s’agit de placer au centre d’un espace subjectif, lieu de mémoire traversé par des références historiques lesquelles seront projetées sur des voiles tendus qui symboliseront les murs du cloître fondé par Marie de L’Incarnation, le personnage de cette femme extraordinaire, première vraie écrivaine en Amérique. 

Dans cet univers clos, le corps et la voix de cette auteure de l’amour, qui nous a séduits par la beauté de sa langue, permettront l’éclosion du discours sur la liberté : la liberté de la pensée, la liberté des sens, la liberté de la création qui devrait provoquer l’explosion de l’espace au moment de la mort.

Nous faisons également face à une femme pour qui le miracle de la chair était étroitement lié à une foi inébranlable. Il s’agit donc d’exprimer la part du sentiment amoureux et du désir charnel d’une manière stylisée en puisant à la source des rituels orientaux où l’extase féminine est profondément ancrée dans le corps et ne relève en rien du simple exhibitionnisme.

Déjà, dans la présentation du texte, Jean-Daniel Lafond a cru pertinent de marquer les étapes d’écriture par des illustrations des statues du Bernin. De ces sculptures se dégage une beauté intérieure extraordinaire. L’événement divin devient dans ce cas, un acte d’amour qui exulte et qui exalte. La chorégraphe montréalaise Jocelyne Montpetit dont la longue fréquentation de l’art du Buthô a caractérisé sa démarche, agira comme entraîneuse du corps de la comédienne pour lui permettre l’élévation physique vers le divin. 

La musique ponctuera aussi le texte de manière intense, rapide. Elle témoignera davantage des émotions que des idées pour que les signes, les sens, les directions apparaissent. 

Tout chez Marie de l’Incarnation nous guide vers l’absolu. Dans une société où on a réussi à imposer le culte de l’argent, de l’image et de la réussite; le parti de la spiritualité est révolutionnaire. Il s’agit donc d’évoquer la fragilité de la condition humaine, de faire appel à la compassion, à l’indulgence, à la nécessité d’accepter la fatalité.
En équilibre sur la ligne de rêve, la mort en personne s’invite à la table de Marie de L’Incarnation sur fond de paysage d’amour et de douleur.

La quête de la comédienne, interprétée par Marie Tifo, face à la spiritualité nuancée d’un personnage comme Marie de l’Incarnation, issue d’un autre temps, se doit d’être traduite de manière contemporaine. C’est là où la vidéo, la musique, le langage chorégraphié et l’amplification de la voix pour les moments intimes peuvent confirmer le caractère moderne et avant-gardiste de Marie Guyart, femme de son temps mais écrite au présent.



LORRAINE PINTAL 

Lorraine Pintal est partout et s'intéresse à plusieurs aspects de la création: comédienne, metteur en scène, réalisatrice, auteur. On la retrouve tantôt au théâtre, tantôt à la télévision et même au cinéma. Elle a été codirectrice du Théâtre de La Rallonge et depuis la saison 1992-1993, elle est la nouvelle directrice générale et artistique de la Fondation du Théâtre du Nouveau Monde.

À titre de metteur en scène, nous lui devons, entre autres: C’était avant la guerre a l’anse a Gilles de Marie Laberge (NCT, 1981), dans la jungle des villes de Bertolt Brecht (La Rallonge, 1981), le malade imaginaire de Molière (TPQ, 1982), la visite des sauvages d'Anne Legault (Compagnie Jean-Duceppe, 1986), Florence de Marcel Dubé (NCT, 1987), Le syndrome de Cézanne de Normand Canac-Marquis (La Rallonge, 1987), Madame Louis XIV de Lorraine Pintal (La Rallonge, 1988) Ha Ha !... de Réjean Ducharme (TNM, 1990), Les femmes savantes de Molière (NCT, 1990), Hosanna de Michel Tremblay (Théâtre de Quat'Sous, 1991), Vol au dessus d’un nid de coucou de Dale Waserman (Compagnie Jean-Duceppe, 1991), Ines pérée et Inat tendu de Réjean Ducharme (TNM, 1991), Les beaux dimanches de Marcel Dubé (TNM, 1993), Andromaque de Jean Racine (TNM, 1994), Jeanne Dark des abattoirs de Bertolt Brecht (TNM, 1994), La compagnie des hommes de Edward Bond (Théâtre de Quat'Sous, 1996), Hedda Gabler de Henrik Ibsen (TNM, 1996), Le vampire et la nymphomane de Gauvreau (Production Chants Libres, 1996), Tartuffe de Molière (TNM, 1997), Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau et Monsieur Bovary de Robert Lalonde sur la scène du TNM en 1999 et 2000.
Pour la saison 2001-2002 du TNM, elle a adapté pour la scène L’hiver de force de Réjean Ducharme qui sera présenté sur la scène de L'Odéon à Paris en février 2002. À l'hiver 2003, elle mettait en scène le spectacle de clôture du Festival Montréal en Lumières intitulé Montréal brûle les planches. Au cours de la saison 2003-2004, elle a signé la mise en scène de The Burial at Thebes dans une adaptation du poète irlandais Seamus Heaney d'après Antigone de Sophocle, pour le Abbey Theatre à Dublin en Irlande et celle de L’asile de la pureté de Claude Gauvreau sur la scène du TNM. En avril 2005, elle signe l'adaptation et la mise en scène de Une adoration de Nancy Huston, et en novembre 2005, la mise en scène de Antigone de Sophocle, texte français de Marie-Claire Blais, d'après la traduction de Seamus Heaney. Elle met en scène Wozzeck, opéra de Alban Berg dirigé par Yannick Nézet-Séguin (TNM, 2006), Don Juan de Molière (Festival de Stratford, 2006 et TNM 2007) et crée La petite pièce en haut de l’escalier de Carole Fréchette (TNM, 2008).

Du côté de la télévision: elle a réalisé Rachel et Réjean de Anne et Claire Dandurand ainsi que Le grand remous de Mia Riddez. Elle a coordonné la réalisation de la série de Victor-Lévy Beaulieu, Montréal, PQ pour la société Radio-Canada. Elle a également réalisé un court métrage dans la série 16-26 d'un texte signé par Suzanne Aubry, Signé Charlotte S et adapté pour la télévision ses mises en scène au théâtre de Hosanna! de Michel Tremblay et de Tartuffe de Molière. À l'automne 2002, elle a réalisé pour la société Radio-Canada, Bilan de Marcel Dubé.

Comme comédienne, elle a occupé la majorité des scènes québécoises sous la direction de metteurs en scène aussi réputés que André Brassard, Jean-Pierre Ronfard, Olivier Reichenbach, François Barbeau. Elle fut de la distribution des séries télévisées La pépinière, onzième spéciale, Blanche, Juliette Pomerleau, Deux frères et de longs métrages comme Nelligan.