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Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango
Robert Lepage et Marie Michaud




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Le Dragon bleu

DU 21 AVRIL AU 30 MAI 2009

de Robert Lepage et Marie Michaud
Mise en scène Robert Lepage
Une production Ex Machina

Durée du spectacle : 1 h 50 sans entracte

  1. LES QUATRE DRAGONS
  2. L’HISTOIRE D’UN PARCOURS EXCEPTIONNEL
  3. LECTURES SUGGÉRÉES


LES QUATRE DRAGONS

Pour La Trilogie des dragons et Le Dragon bleu, Ex Machina a choisi une interprétation de la mythologie chinoise dans laquelle les quatre dragons symbolisent le cycle des saisons. La première pièce était faite de trois parties : le dragon vert, le dragon rouge et le dragon blanc. Le dragon bleu vient maintenant compléter le cycle.

Le dragon vert
Associé au printemps, il vit dans l’eau. Il est porteur de vie. Il représente la jeunesse.

Le dragon rouge
Associé à l’été, il vit sur la terre. C’est le dragon des combats et de la guerre. Il est le dragon de l’âge adulte.

Le dragon blanc
Associé à l’automne, c’est le dragon volant. Il représente la sagesse du déclin de la vie.

Le dragon bleu
Associé à l’hiver, c’est un dragon qui vit sous la neige. Il représente la mort et la renaissance. Il est invisible. On lui associe généralement une flamme bleue. Il se manifeste par la foudre.
 






L’HISTOIRE D’UN PARCOURS EXCEPTIONNEL

Ce fut l’incontestable choc. Le 6 juin 1987, dans le hangar numéro 9 du Vieux-Port de Montréal, le Théâtre Repère présentait au Festival de théâtre des Amériques, devenu aujourd’hui le Festival TransAmériques, l’intégrale de La Trilogie des dragons, une création fleuve cosignée par Marie Brassard, Jean Casault, Lorraine Côté, Marie Gignac, Robert Lepage et Marie Michaud, mise en scène par Robert Lepage. Ce jeune créateur de Québec n’était certes pas un inconnu à Montréal. 
Mais les spectateurs présents lors de cette représentation mythique comprirent dès lors qu’ils avaient assisté là à un spectacle qui allait faire date dans l’histoire du théâtre québécois. La Trilogie des dragons imposait plus que jamais l’art de ce génie d’inventivité qu’est Robert Lepage. C’est que, chez Lepage, le théâtre est un monde en soi, qui peut surgir de n’importe où. À la fois metteur en scène, scénographe, auteur dramatique et acteur, il ne poursuit jamais qu’un seul but : faire couler des histoires du sablier théâtre, temps partagé avec le public et qui ressemblait, dans cette inoubliable Trilogie, à une traversée au long cours dans l’histoire récente du Québec et du Canada, marquée par l’émigration massive des populations. L’ailleurs ou l’étranger absolu pour l’homme occidental, c’est-à-dire celui qu’il n’a ni colonisé, ni réduit en esclavage, ni exterminé, vient de Chine. C’est là que Lepage choisissait de nous embarquer. L’art de Lepage a changé depuis cette Trilogie fondatrice, qu’il a recréée en 2003, son langage et son écriture aussi, qui se sont précisés et raffinés, mais l’art du montage dramaturgique et l’utilisation ou le détournement des conventions, qui marquaient cette saga, continuent encore de caractériser sa pratique.

Un an après la création de La Trilogie des dragons, Robert Lepage faisait son entrée au TNM en 1988 en mettant en scène le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Il revenait à l’automne 1989 avec La Vie de Galilée de Brecht, où Rémy Girard brillait dans le rôle du mathématicien, physicien et astronome, et où Yves Jacques s’imposait en interprétant le rôle du pape. Plus récemment, Robert Lepage a ébloui les spectateurs du TNM avec deux œuvres brillantes, dotées d’une puissance poétique absolument renversante : La Face cachée de la lune et Le Projet Andersen. Accueillir aujourd’hui Robert Lepage sur la scène du TNM, c’est ouvrir la porte à l’invention et à la poésie, à la circulation et au choc des cultures, à un théâtre qui transcende le réel et nous transporte dans un ailleurs aussi vaste que le rêve.






LECTURES SUGGÉRÉES

S’il y a un ouvrage incontournable portant sur Robert Lepage, c’est bien Robert Lepage – Quelques zones de liberté, paru en coédition à L’instant même et chez Ex Machina en 1995. Il ne se passe pas un mois sans que la presse ne rende compte d’une nouvelle réalisation de Lepage. Au confluent des tendances actuelles, dont il sait être l’aboutissement autant que la source, travaillant tantôt avec Peter Gabriel, tantôt au Dramaten de Stockholm ou au Théâtre national de Bavière, l’artiste y raconte au journaliste Rémy Charest les principales étapes de sa carrière, de La Trilogie des dragons au film Le Confessionnal. Au fil des entretiens surgissent les figures aimées de Vinci, Cocteau et Miles Davis, les années d’apprentissage, le souvenir des récits de sa mère et de son père, le choc éprouvé au contact de la culture japonaise et ce qu’il en retient dans la conception de ses spectacles. Si, en écrivant La Tempête, Shakespeare élargissait la notion de liberté, Robert Lepage nous rappelle qu’il incombe au metteur en scène d’agrandir Shakespeare et de proposer au public, rassemblé autour de la scène comme autrefois on l’était autour du feu, quelques zones de liberté. On ne peut qu’espérer que Robert Lepage se confie à nouveau à Rémy Charest et propose aujourd’hui une suite à cet ouvrage, qui retracerait les années 1995 à 2008.

À l’automne 2007 paraissait en coédition chez Septentrion et aux éditions L’instant même un magnifique album intitulé Ex Machina – Chantiers d’écriture scénique, cosigné Patrick Caux et Bernard Gilbert, un ouvrage qui « propose une incursion dans l’univers du théâtre et des opéras d’Ex Machina. Des premières explorations jusqu’à l’écriture finale des spectacles, on y découvre le processus de création qui donne cette signature unique au travail de la compagnie. » Et Robert Lepage de préciser : « Au fil des ans, on a écrit beaucoup de choses sur la compagnie. Un des objectifs de ce livre est de nous réapproprier la théorie derrière notre travail pour le rendre accessible aux lecteurs. » Cet ouvrage richement illustré, essentiel pour quiconque s’intéresse au théâtre de Robert Lepage, contient entre autres un « carnet de bord » relatant le travail de création du Dragon bleu du 18 au 23 juin 2007.

Enfin, soulignons que si les créations sont longtemps demeurées de purs objets théâtraux et non seulement des textes au sens traditionnel du terme, il est aujourd’hui possible de lire certaines œuvres phares de Robert Lepage, à commencer par La Trilogie des dragons, qui a fait l’objet en 2005 d’une édition conjointe Ex Machina et L’instant scène. Comme en témoigne le préfacier Michel Tremblay, « voici que l’Asie prenait figure de Grand Ailleurs, d’univers extérieur à nous, où nous avions désormais le droit d’aller vivre des choses importantes loin du centre névralgique de nos rancoeurs et de nos inhibitions ». En 2007, toujours en coédition entre les deux mêmes maisons, c’était au tour de La Face cachée de la lune et du Projet Andersen de devenir des livres, le premier avec une préface du metteur en scène André Brassard, le second accompagné d’un dvd sur la création du spectacle.