
Le Retour
En Sorties du TNM du 16 janvier au 7 février 2009
d'Harold Pinter
Traduction René Gingras
Mise en scène Yves Desgagnés
Durée du spectacle : 2 h 30 incluant l'entracte
LA CRÉATION À LONDRES
Créée à l’Aldwych Theatre de Londres le 3 juin 1965, par la Royal Shakespeare Company, dans une mise en scène de Peter Hall, la pièce fut publiée à Londres la même année. Elle remporta un Tony Award, le Whitbread Anglo-American Theater Award et le New York Drama Critics’ Circle Award. En octobre 1966, un an après sa création à Londres, elle fut créée à Paris, dans une mise en scène de Claude Régy, avec, entres autres, Pierre Brasseur, Claude Rich et Emmanuelle Riva. Pinter, qui, parallèlement à sa carrière d’auteur, a joué parfois au théâtre, notamment dans ses propres pièces, a repris le rôle de Lenny en 1969. D’autre part, il fut aussi le metteur en scène de plusieurs de ses pièces comme de pièces d’autres auteurs tels James Joyce, Noel Coward, Tennessee Williams et David Mamet, et a adapté lui-même Le Retour pour le cinéma.
HAROLD PINTER, PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE, CITOYEN ET SCÉNARISTE
HAROLD PINTER, PRIX NOBEL DE LITTÉRATURE
En 2005, Harold Pinter reçoit le Prix Nobel de littérature. Les membres du jury le décrivent alors comme un auteur « qui, dans ses drames, découvre l’abîme sous les bavardages et se force un passage dans la pièce close de l’oppression », déclaraient alors les membres de l’Académie suédoise pour expliquer leur choix, ajoutant : « Pinter ramène le théâtre à sa base élémentaire, la pièce close et le dialogue imprévisible, où les êtres sont livrés les uns aux autres et où le déguisement se brise. Avec un minimum d’intrigue, le drame surgit de la lutte et du cache-cache dans la confrontation verbale. »
Harold Pinter était le onzième lauréat britannique du Prix Nobel de littérature après :
- Rudyard Kipling (1907)
- Rabindranath Tagore, né en Inde (1913)
- George Bernard Shaw (1925)
- John Galsworthy (1932)
- T. S. Eliot (1948)
- Bertrand Russell (1950)
- Winston Churchill (1953)
- Elias Canetti, né en Bulgarie, de langue allemande (1981)
- William Golding (1983)
- V. S. Naipaul, né à Trinité et Tobago (2001)
HAROLD PINTER, CITOYEN
En février 2005, lors d’une interview, Harold Pinter annonce sa décision d’abandonner sa carrière d’auteur dramatique et de consacrer toute son énergie à la politique. Par une extension douce, Pinter a donc pour ainsi dire glissé de la préoccupation personnelle à la préoccupation collective. Pour lui, qui est joué sur toutes les scènes du monde, la maison humanité est actuellement en train de s’effondrer et risque de brûler avec ses habitants. À un spectateur qui lui demandait ce qu’il pensait de Shakespeare, Pinter a répondu :
« Shakespeare écrivait dans un monde en expansion, en exubérance, en naissance; moi, j’écris dans un monde qui finit, qui agonise. » Aussi compte-t-il désormais parmi les intellectuels anglais les plus engagés. Ce taciturne qui, dans le passé, était souvent resté silencieux n’hésite donc pas à manifester violemment ses opinions dans les grands journaux anglais, à claironner des prises de position flamboyantes, en particulier pour défendre les droits de l’homme, à condamner l’ère du nucléaire et les atteintes aux droits et libertés, à exprimer un anti-impérialisme américain intégral et viscéral, et à s’opposer à la guerre en Irak.
HAROLD PINTER, SCÉNARISTE
Harold Pinter est aussi un scénariste hors du commun, son art consistant à suggérer un drame et des relations complexes à travers un dialogue banal, dont la magie opère lentement. Il a trouvé dans le cinéma un moyen d’expression qui lui convient admirablement. Sa collaboration avec le réalisateur Jack Clayton pour Le Mangeur de citrouille (The Pumpkin Eater, 1964), mais surtout avec Joseph Losey pour The Servant (1963), Accident (1967) et Le Messager (The Go-Between, 1971), a donné naissance à des films essentiels. Il a également réussi le prodige d’adapter à l’écran deux œuvres particulièrement périlleuses : Le Dernier Nabab (The Last Tycoon, Elia Kazan, 1976), d’après F. Scott Fitzgerald, et La Maîtresse du lieutenant anglais (The French Lieutenant’s Woman, Karel Reisz, 1981), d’après John Fowles. En 1977, Harold Pinter publie une adaptation d’À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, à laquelle il avait travaillé avec le grand Luchino Visconti. En 1984, il signe pour le cinéaste David Jones les dialogues incisifs de Trahisons conjugales, adaptation de sa pièce Betrayal qui offre à Jeremy Irons et Ben Kingsley l’occasion d’une remarquable prestation.
À LA DÉCOUVERTE DE L'UNIVERS D'EDWARD HOPPER
Sources d’inspiration de la mise en scène du Retour, nous vous invitons à découvrir les oeuvres du peintre américain Edward Hopper en visitant le site du Musée des Beaux-Arts de Boston : www.mfa.org/hopper
