
Et Vian! dans la gueule
Texte de Boris Vian
Collage et mise en scène de Carl Béchard
ATTENTION : IMPORTANTS TRAVAUX AUX ABORDS DU TNM
Urgence de vivre. Besoin de s’éclater, de faire éclater les normes. Désir de se réinventer constamment, de tout faire en même temps. Refus des carcans. Soif d’absolu, de liberté. Bienvenue chez Boris Vian.
L’auteur de L’Écume des jours fait partie de ces personnages mythiques morts trop jeunes. Il avait toujours dit qu’il mourrait avant l’âge de 40 ans… Il souffrait de troubles cardiaques depuis l’enfance, il est mort à 39 ans, d’une crise du cœur. Le 23 juin 1959.
Il n’aura pas connu l’effervescence des années 1960, mais le slogan « l’imagination au pouvoir » aurait pu lui aller comme un gant. Un créateur dans l’âme, Boris Vian. Avec une prédisposition pour l’absurde, l’humour, la subversion.
Ses deux passions : la musique et l’écriture. Jazzman, trompettiste aux belles heures de Saint-Germain-des-Prés, il a aussi chanté sur scène et sur disque. Comme auteur, il a signé des romans, des poèmes, des nouvelles, des pièces de théâtre, des chansons, des scénarios, des opéras, des chroniques, des pamphlets, des critiques musicales… Il a aussi fait de nombreuses traductions. Le tout sous divers pseudonymes, plus de vingt-cinq en tout, dont Bison Ravi et Vernon Sullivan.
Partout, la même inventivité. Ce touche-à-tout qui était ingénieur de métier a même conçu une roue élastique, dont il a déposé le brevet d’invention en 1953. S’il a cessé officiellement de travailler comme ingénieur à l’âge de 27 ans, il a toujours continué d’inventer des trucs bizarres. Même dans sa fiction.
Voir le fameux pianococktail, dans son roman-culte L’Écume des jours : un piano qui produit des musiques de jazz, tout en concoctant des mélanges alcoolisés dont le goût savoureux s’harmonise aux mélodies.
Pas étonnant que Vian ait joint les rangs, dans les années 1950, du Collège de ‘Pataphysique, auprès des Queneau, Prévert, Ionesco. Sur les traces de Jarry, qui a défini la pataphysique comme la « science des solutions imaginaires », Vian affirmait : « Un des principes fondamentaux de la ‘Pataphysique est celui de l’équivalence. C’est peut-être ce qui vous explique ce refus que nous manifestons de ce qui est sérieux et de ce qui ne l’est pas; puisque pour nous c’est exactement la même chose. C’est pataphysique. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, on fait tous de la ‘Pataphysique. »
Extrait de l' Emporte-Pièces 09-10

