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Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango

Huis clos

DU 9 MARS AU 3 AVRIL 2010
6 SUPPLÉMENTAIRES DU 6 AU 10 AVRIL
de Jean-Paul Sartre
Mise en scène de Lorraine Pintal
Durée : 1 H 35 sans entracte

ATTENTION : IMPORTANTS TRAVAUX AUX ABORDS DU TNM

Lorraine Pintal
Mise en scène

EXTRAITS D'ENTREVUE AVEC LORRAINE PINTAL

Yasmina Reza est l’auteure française la plus montée dans le monde. Pourtant, seul «Art» a été présenté à Montréal. Qu’est-ce qui a guidé votre choix ? 

C’est un coup de cœur de la directrice artistique. Je suis à la recherche depuis plusieurs années de textes féminins forts, parce que je suis sensible au fait que les femmes ne sont pas assez présentes sur les scènes montréalaises. Et j’en fais un point d’honneur d’appliquer mes principes, mais pas à n’importe quel prix. Il faut que je rencontre des textes puissants ou qui possèdent une certaine audace, un parfum d’innovation. Évidemment, j’étais intriguée par l’écriture de Reza. Je la connaissais par « Art ». J’ai lu Conversations après un enterrement, et j’ai trouvé L’Homme du hasard absolument magnifique. J’ai découvert Le dieu du carnage, il y a deux ans, au Théâtre Antoine où je me rendais pour voir Isabelle Huppert qui y jouait le rôle de Véronique Houllié.

Certains commentateurs prétendent d’ailleurs qu’elle écrit des boulevards pour intellos... Comment sa pièce s’inscrit-elle dans la programmation du TNM ?

Intello, je suis d’accord (rire). C’est une auteure qui peut s’adresser à une certaine classe d’intellectuels. Mais son théâtre est assez universel. Et, à cause de ses origines, son écriture est particulière. Yasmina Reza jette un regard sur la France qu’une Française d’origine ne poserait jamais. Elle ne va jamais là où l’on s’attend. Ce qui m’a le plus intéressée dans Le dieu du carnage, c’est que la prémisse de l’histoire est la violence chez les enfants, un phénomène dramatique qu’on découvre depuis quelques années. Une situation qui dégénère ici dans un carnage entre les parents. D’où peut-être cette conclusion : est-ce que nous ne sommes pas les maîtres de cette violence, étant donné que nous-mêmes possédons un aspect violent, et que nous la déclenchons dans nos milieux de vie, aussi parfaits soient-ils ? J’ai lu peu de pièces où l’on parle de cette roue de la violence. J’aime découvrir les monstres qui se cachent sous des personnages dont l’apparence semble conforme aux conventions sociales.

Pour interpréter ces quatre personnages aussi importants les uns que les autres, vous avez réuni une distribution très forte.

Ce sont tous des acteurs créateurs, très imaginatifs. Ils ont en commun une qualité d’improvisation. Les comédiens ont des mondes imaginaires extraordinaires à l’intérieur d’eux, et parfois on se prive d’y recourir, par manque de temps. De plus, je travaille avec une équipe de concepteurs formidables. Depuis quelques années, je m’efforce de connecter très tôt les concepteurs et les comédiens, et on chemine ensemble. Ça fait en sorte que plutôt que de faire du théâtre, on vit une expérience sur scène. C’est la plus belle chose qui puisse arriver.

Par Marie Labrecque