
L'Imposture
d'Evelyne de la Chenelière
Mise en scène d'Alice Ronfard
Durée du spectacle : 1 h 50 sans entracte
La création au féminin au TNM
Si l’on esquisse une promenade dans le vaste paysage de la création théâtrale au TNM depuis une trentaine d’années, le parcours se révèle parsemé de belles et saisissantes aspérités. Ici, là, font saillie quelques œuvres marquantes permettant de tracer, ou d’imaginer, une possible cartographie de la parole féminine. Forte, diversifiée, cette parole n’a plus cessé de se faire entendre depuis l’amarrage de La Nef des sorcières sur la scène du TNM, en 1976. Sous la gouverne de Jean-Louis Roux, alors directeur artistique du théâtre, s’est amorcée avec cette production, suivie de près par l’aventure tempétueuse des Fées ont soif de Denise Boucher (1978), l’éclosion d’une dramaturgie au féminin élue non pour sa seule appartenance à un genre mais, plutôt, pour la richesse de son propos, l’éclat de sa poésie, l’audace et l’originalité de son regard posé sur le monde. Plurielle, cette dramaturgie s’est fait connaître à travers des voix aussi différentes que celles, par exemple, de Jovette Marchessault (La Saga des poules mouillées, 1981), Jeanne-Mance Delisle (Un reel ben beau ben triste, 1981), Michelle Allen (La Passion de Juliette, 1984) ou, plus récemment, Carole Fréchette (La Petite Pièce en haut de l’escalier, 2008). Aujourd’hui, L’Imposture d’Evelyne de la Chenelière s’ajoute à cette impressionnante constellation.

