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Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango
Violette Chauveau et Francis Ducharme





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L'Imposture

DU 17 NOVEMBRE AU 12 DÉCEMBRE 2009

d'Evelyne de la Chenelière
Mise en scène d'Alice Ronfard

Durée du spectacle : 1 h 50 sans entracte

Evelyne de la Chenelière

Evelyne de la Chenelière s’inscrit avec éclat dans le paysage théâtral québécois en signant Des fraises en janvier (1999), un premier texte au parcours fulgurant qui vaut à sa jeune auteure le Masque du texte original décerné par l’Académie québécoise du théâtre. Créé au théâtre d’été La Moluque, à Carleton, le texte fait rapidement boule de neige, étant repris au Théâtre d’Aujourd’hui (2002) puis à la Compagnie Jean Duceppe (2003), avant d’être traduit en anglais et présenté au Théâtre Centaur (2003). Ce chassé-croisé amoureux sur fond de quête identitaire sera bientôt suivi par une kyrielle de textes s’attachant à poser sur le monde actuel un regard sensible, laissant affleurer les travers comme les bonheurs de notre condition de vivant, qu’ils s’expriment par la bouche des «vieux enfants» d’ Au bout du fil (Théâtre de Quat’Sous, 2003) ou par celle des jeunes protagonistes impatients de L’Héritage de Darwin (Théâtre le Clou, 2005).
Issue du Nouveau Théâtre Expérimental où sa rencontre avec Jean-Pierre Ronfard se révèle déterminante et féconde, l’auteure-comédienne prend part à plusieurs des créations de la compagnie. Formant bientôt un tandem ingénieux avec Daniel Brière, elle coécrit avec celui-ci trois pièces dans lesquelles ils jouent également. Ainsi, entre les murs d’Espace Libre sont présentées Henri et Margaux (2002), une vertigineuse incursion du côté de l’autofiction, suivie par la poétique Nicht retour, Mademoiselle (2004) et par l’univers débridé du Plan américain (2008). Le duo a aussi conçu Bashir Lazhar (Théâtre d’Aujourd’hui, 2007), une émouvante pièce pour voix unique écrite par Evelyne de la Chenelière et mise en scène par son acolyte. Aphrodite en 04, une œuvre à géométrie variable rêvée en complicité avec Jean-Pierre Ronfard, est présentée en 2004 dans l’ancienne caserne de la rue Fullum avant de prendre l’affiche d’Espace GO, deux années plus tard, dans une nouvelle mouture intitulée Désordre public et mise en scène par Alice Ronfard. Cette collaboration se révélant heureuse, l’auteure et la metteure en scène se réunissent à nouveau pour créer Les Pieds des anges (Espace GO, 2009) et L’Imposture (TNM, 2009).
Certains textes d’Evelyne de la Chenelière, tels Bashir Lazhar et Des fraises en janvier, ont été traduits en plusieurs langues — anglais, allemand, espagnol — et ont fait l’objet de lectures publiques et de productions théâtrales à l’étranger. En 2006, l’auteure a reçu pour son recueil intitulé Désordre public le prix littéraire du Gouverneur général.

ÉCRIRE POUR TRAVERSER LE TEMPS

Un réel transpercé de poésie. Une douce ironie. Un enchevêtrement de voix qui disent, à la fois, leurs petites détresses et leur quête de bonheur, éperdue. Reconnaissable à ces quelques marques, l’imaginaire d’Evelyne de la Chenelière s’affirme peu à peu, au fil des textes, comme un monde singulier. Bien sûr, certains fils invisibles relient celui-ci à d’autres écritures théâtrales actuelles, tels les univers de Fanny Britt ou Dominick Parenteau-Lebeuf, de jeunes auteures avec lesquelles la dramaturge partage une inclination à explorer la dérive affective et de nouveaux continents du féminin. Or, alors que ces auteures déploient une plume souvent mordante, voire corrosive, Evelyne de la Chenelière pose plutôt sur l’époque contemporaine et sur ses personnages un regard profondément humaniste, quasi amoureux, lequel ne renonce pas à la beauté du monde et à un possible enchantement du présent.  

Extrait de l' Emporte-Pièces 09-10
Catherine Cyr