
À toi, pour toujours, ta Marie-Lou
De Michel Tremblay
Mise en scène Gill Champagne
Durée du spectacle 1 h 20 sans entracte
Mise en scène
UN ITINÉRAIRE ATYPIQUE
Parcours atypique, pluriel et riche que celui de Gill Champagne. De formation largement autodidacte, il vient à la scène par les arts visuels, dans sa région natale, la Beauce, où il participe à la fondation du Théâtre Blanc, en 1979. Tôt en carrière, son activité se partage entre le jeu, la mise en scène, l’enseignement et la direction artistique. À ce dernier titre, sa carrière se divise en deux périodes. En 1987, il succède au comédien Denis Bernard à la tête du Blanc et en tient les rênes jusqu’en 2003. Il relève alors Marie-Thérèse Fortin à la barre du Trident, fonction qu’il exerce toujours. La mise en scène fait le renom de Gill Champagne. On lui en doit une cinquantaine. Ce sont des œuvres sensibles aux enjeux sociaux, à l’exclusion et à la solitude, des œuvres dans lesquelles fleurissent la métaphore et la poésie de l’étrange et qu’il monte le plus souvent avec un complice de longue date, le scénographe Jean Hazel. Son tableau de chasse est éclectique : de Laclos, Labiche, Hugo, Shaw, Ionesco, Shepard, Kroetz, Pourveur, Minyana, Sassine, Fraser, Walker, Greenaway, Barker. Plusieurs auteurs québécois y ont aussi part : entre autres, Michel Marc Bouchard, Marie Laberge, Normand Chaurette, Michel Tremblay (il a monté une première fois À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, en 2000, au Trident) et Daniel Danis, celui-là surtout, car il a porté à la scène sept de ses textes. Il a aussi servi en jeunes publics et en théâtre marionnettique, avec Pupulus Mordicus. C’est toutefois son solo Autoportrait ou à quoi ça sert de dessiner des filles toute nues qui force d’abord l’attention sur sa vision artistique. Cette œuvre originale traversée par l’expressionnisme d’Egon Schiele lui vaut le prix Paul Hébert de la meilleure interprétation en 1989. Gill Champagne est le récipiendaire de plusieurs autres distinctions, dont le masque de masque de la mise en scène pour Le roi se meurt, d’Ionesco, à la Bordée, en 2004.
Par Jean St-Hilaire

