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Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango




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Hamlet

DU 8 MARS AU 2 AVRIL 2011
SUPPLÉMENTAIRES LES 5 ET 6 AVRIL, 20 H
De William Shakespeare
Traduction de Jean Marc Dalpé
Mise en scène Marc Béland

Durée du spectacle 3 h 00 incluant l'entracte

Marc Béland
Mise en scène

LA GRÂCE DE L’ANGE
En 1990, Marc Béland devenait - après Albert Millaire en 1970 - le deuxième Hamlet du Théâtre du Nouveau Monde, ce théâtre où, dix ans auparavant, à peine sorti de l’Option théâtre du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse, sa carrière d’acteur avait démarré de façon retentissante. Depuis quelques années, Marc Béland a entrepris une pratique de metteur en scène, signant la création de Règlement de contes d’Yvan Bienvenue (Quat’Sous, 1995), de Dévoilement devant notaire (Baraka Théâtre, 2002) et de La Petite Scrap (Théâtre PàP, 2005) de Dominick Parenteau-Lebeuf, ainsi que Le Fou de Dieu de Stéphane Brulotte (Théâtre Il va sans dire, 2008) pour lequel son travail précis et sensible avec le comédien Benoît McGinnis a été particulièrement loué.

EXTRAIT D'ENTREVUE

Comment voyez-vous le personnage aujourd’hui ?
Je crois toujours que la part de révolte, chez Hamlet, est élevée. C’est un homme dont la peine se transforme en rage. Il est profondément ébranlé par ce qu’il apprend au début de la pièce : sa mère couche avec l’assassin de son père. Sa rencontre avec le fantôme de son père le met dans un état de surexcitation, puis il est écrasé par l’ampleur de la tâche à accomplir. Il alterne ainsi entre la fébrilité et l’abattement : c’est son côté cyclothymique, on pourrait même dire bipolaire. Ce n’est pas un personnage très sympathique ; il est centré sur lui-même, il juge les autres avec hauteur. Il faut dire qu’Hamlet est supérieurement intelligent et que son intelligence se manifeste fréquemment par un humour d’une incroyable méchanceté   ce qui ne l’empêche pas d’être un prince aimé des foules. Quand il se met à simuler la folie, il devient vite grisé par ce pouvoir qu’il a de repousser les limites de l’acceptable, d’être le grain de sable qui enraye la machine.

Pourquoi avoir demandé une nouvelle traduction à Jean Marc Dalpé ?
La langue de Jean Marc Dalpé est d’une exceptionnelle précision, sa rythmique est implacable, il a le sens de l’image et sa dramaturgie, exactement comme celle de Shakespeare, est fondée sur le personnage en action. Depuis le début, il était important pour moi de m’éloigner de la tradition européenne des traductions shakespeariennes. Je souhaitais que les acteurs puissent prendre cette parole à bras-le-corps. Nous parlons français, mais nous avons une façon de le dire et de le respirer qui est différente de celle des francophones d’Europe. Il faut traduire Shakespeare avec notre façon de dire, notre respiration : ce qui ne veut pas dire de tomber dans le régionalisme, la couleur locale, le pittoresque, surtout pas.

Par Paul Lefebvre