
La Belle et la Bête
9 SUPPLÉMENTAIRES : Nouvelles dates 19-22-23-24 février
Une création et mise en scène de Michel Lemieux, Victor Pilon
Une création et un texte de Pierre Yves Lemieux
Coproduction Théâtre du Nouveau Monde / Lemieux.Pilon 4d art
Durée du spectacle 1h30 sans entracte
- Pierre Yves Lemieux (auteur)
- Victor Pilon, Michel Lemieux (auteur)
Auteur
Variations à la Pierre Yves Lemieux
Un monstre et une belle… qui s’aimeront, ou non. C’est la trame de fond de La Belle et la Bête, version Pierre Yves Lemieux. Une question l’a guidé : qu’est-ce qu’on veut voir en 2011?
Oubliez l’intrigue classique du conte français signé Madame de Villeneuve il y a plus de 270 ans. Un méchant qui fait peur à une jeune fille, puis l’éblouit, de telle sorte qu’elle tombe amoureuse de lui? Non merci. « Je propose des personnages auxquels on va pouvoir s’identifier », indique le dramaturge québécois.
Pas de Belle parfaite, douce et soumise, qui se sacrifie pour son papa. « Ma Belle à moi est une fille libre, farouche, indépendante, et très intelligente, qui n’aura pas peur d’un monstre. » Pas de prince charmant déguisé en lion rugissant, qui effraie les jeunes filles en fleurs. « C’est quoi, un monstre, aujourd’hui? Si on veut éviter l’écueil du violeur, du pédophile, des pathologies qui sont liées à la bête monstrueuse, c’est quelqu’un qui, en notre ère de communication, se suffit à lui-même, refuse tout contact. »
Comment la séduction va-t-elle opérer entre les deux? Mystère. Mais il se pourrait bien que, pour un temps, la Belle devienne un monstre, et le monstre, une victime. Tout est possible, quand Pierre Yves Lemieux s’empare d’un texte pour le recréer à sa manière.
Depuis plus de vingt-cinq ans qu’il fait ça : se réapproprier l’univers des auteurs qui ont marqué notre imaginaire, et les remettre au goût du jour. Depuis sa sortie de l'Option théâtre du collège Lionel-Groulx de Ste-Thérèse, en fait. Il a beau avoir reçu une formation d’acteur, puis joué, pendant plusieurs années, au théâtre, c’est la réécriture qui a fini par prendre le dessus. L’écriture pure et simple, aussi.
Au fil des ans, Pierre Yves Lemieux s’est frotté à Tchekhov et à Gorki, il a revisité Roméo et Juliette, Tristan et Yseult, s’est attaqué au roman Les Trois Mousquetaires de Dumas, et, plus récemment, au chef-d’œuvre de Faulkner, Le Bruit et la Fureur. Tout en signant une dizaine de pièces de son cru, dont plusieurs comédies. La noirceur ne lui fait pas peur non plus : en témoigne Lapin et compagnie, sa toute nouvelle pièce, qui fera l’objet d’une lecture publique au Théâtre d'Aujourd'hui quelques semaines après la première de La Belle et la Bête au TNM.
Pas de grande différence, à ses yeux, entre ce qu’on appelle la création pure et l’adaptation : « Tous les auteurs partent de quelque chose : un article de journal, une chanson, une histoire que quelqu’un leur a raconté ou un épisode de leur propre vie… »
La réécriture, pour ce grand romantique qui place l’amour au-dessus de tout, se compare au travail du musicien s’inspirant d’une ligne musicale pour en faire une variation sur le même thème. « Au-delà de l’imagination, ce qui est en jeu, c’est de pouvoir insuffler à ce qui existe son propre regard sur une époque. »
Concepteurs et metteurs en scène
Fusion créatrice
Ils ont réinventé le Grand Hôtel des étrangers du poète québécois Claude Beausoleil, puis La Tempête de Shakespeare. Ils ont fait revivre le cinéaste d’animation Norman McLaren, tout en revisitant son œuvre. Ils ont mis leur imagination au service du Cirque du Soleil avec le spectacle d’aréna Délirium, porté à la scène une version opéra de Starmania et orchestré toutes sortes de grands événements festifs. Plus de 30 créations originales : des spectacles hybrides qui amalgament les différentes formes d’art et font disparaître les frontières entre le réel et le virtuel. Ils séduisent les spectateurs du monde entier, récoltent des critiques élogieuses et accumulent les récompenses partout sur la planète.
Ces deux artistes pionniers du multimédia, ces « magiciens de la scène » ne cessent d’éblouir. Mais s’ils cherchent constamment à pousser les limites des nouvelles technologies, à se surpasser dans leur art, ils se définissent avant tout comme des « conteurs d’histoires » pour qui l’objectif n’est jamais de mettre l'aspect technique à l'avant-plan, mais plutôt « de l’assujettir au propos et à l’émotion » en liant les éléments scéniques les uns aux autres, pour créer un spectacle homogène. L’alchimie ludique, le secret, pour que la magie opère.
Quel lien faites-vous entre la magie et la multidisciplinarité dans vos spectacles ?
M. L. : Ce que nous aimons dans le mot « multidisciplinaire », qui est le premier mot que nous avons utilisé pour parler de nos créations, c’est la référence à l’idée de multiplication. Nous faisons de l’art multidisciplinaire qui allie le théâtre, la danse, le cinéma, la performance, l’art visuel, les nouvelles technologies. Ce qui nous intéresse, c’est le multicouche : nous travaillons à intégrer les différents arts. Nous voulons que la danse multiplie le théâtre, que le visuel multiplie le texte…
V. P. : C’est en multipliant les formes qu’on arrive à créer d’autres formes. Des formes différentes, hybrides.
À quoi les spectateurs peuvent-ils s’attendre en allant voir votre nouvelle création ?
M. L. : À une adaptation contemporaine du conte, axée sur la rencontre entre deux personnages que tout sépare et qui seront transformés par cette rencontre. Notre Belle (Bénédicte Décary) est une jeune dessinatrice de tendance no future, influencée par l’esthétique de l’instinct de mort.
V. P. : Elle déteste les contes de fées et les princesses. Elle n’a absolument rien à voir avec un personnage de Walt Disney.
M. L. : La Bête (François Papineau) est un danseur de ballet qui, très tôt dans sa carrière, était promu à être le nouveau Noureev mais qui, à 20 ans, a été frappé par une maladie dégénérative qui l’a fait vieillir prématurément. Il vit chez une vieille amie de sa mère, une conférencière spécialisée dans les contes de fées (Andrée Lachapelle). Au début, nos trois personnages vivent dans trois mondes séparés, mais qui peu à peu vont se rencontrer.
Par Danielle Laurin





