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Photo : Fabio Esposito

Trilogia della villeggiatura

DU 22 AU 26 SEPTEMBRE 2010 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts

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De Carlo Goldoni
Mise en scène Toni Servillo
Coproduction
Piccolo Teatro, Théâtre de l’Europe (Milan) / Teatri Uniti (Naples)
Présentation TNM / PdA
Spectacle en italien surtitré en français et en anglais

  1. Chiara Baffi
  2. Eva Cambiale
  3. Salvatore Cantalupo
  4. Marco D'Amore
  5. Anna Della Rosa
  6. Rocco Giordano
  7. Paolo Graziosi
  8. Mariella Lo Sardo
  9. Gigio Morra
  10. Francesco Paglino
  11. Betti Pedrazzi
  12. Giulia Pica
  13. Tommaso Ragno
  14. Andrea Renzi
  15. Toni Servillo
Chiara Baffi
Brigida


Eva Cambiale
Vittoria


Salvatore Cantalupo
Berto


Marco D'Amore
Tognino


Anna Della Rosa
Giacinta


Rocco Giordano
Cecco


Paolo Graziosi
Filippo


Mariella Lo Sardo
Costanza


Gigio Morra
Fulgenzio


Francesco Paglino
Paolino


Betti Pedrazzi
Sabina


Giulia Pica
Rosina


Tommaso Ragno
Guglielmo


Andrea Renzi
Leonardo


Toni Servillo
Fernando

Toni Servillo, virtuose de la scène et de l’écran

Alors qu’il signe la chatoyante mise en scène de Trilogia della villeggiatura, dans une version qu’il a lui-même resserrée autour des désirs contradictoires de personnages cherchant désespérément à tenir leur rang, Toni Servillo, ici, ne renonce pas pour autant au plaisir de jouer. Faisant corps avec l’impressionnante troupe d’acteurs qu’il dirige habilement, il campe avec malice un irrésistible Ferdinando, écornifleur impénitent et véritable commère, dissimulant sous une nonchalance doucereuse son mépris des autres. Remarquable dans ce rôle de pique-assiette irrévérencieux, Toni Servillo l’est tout autant dans sa direction d’acteurs, précise et enlevée, et il combine dans cette production, avec un égal bonheur, l’art du jeu et celui de la mise en scène. Passionné par ces deux facettes du théâtre, qui sont pour lui souvent indissociables, l’artiste en explore les rouages et les arcanes depuis plus de trente ans.


Du côté de l’écran


S’il avoue d’emblée préférer les tréteaux aux plateaux de cinéma, se définissant avant tout comme un acteur de théâtre et chérissant la dimension immédiate et vivante de la scène, Toni Servillo n’est pas étranger à l’actuelle renaissance du cinéma italien. Doté d’une présence magnétisante, crevant l’écran, l’acteur compose des personnages infiniment différents mais tous mémorables. Récemment, il s’est trouvé au cœur de deux œuvres cinématographiques qui ont ébranlé autant qu’elles ont ébloui le public lors de leur présentation à Cannes en 2008 : Gomorra, de Matteo Garrone, lauréat du Grand Prix, et Il Divo, de Paolo Sorrentino, gagnant du Prix du Jury. Campant, dans Gomorra - le mot est un amalgame de Gomorrhe et de la « Camorra », féroce organisation criminelle - un mafieux taciturne mais impitoyable, Servillo livre un personnage hautement inquiétant dont la brutalité silencieuse, glaçante, est difficilement oubliable. Tout aussi impérissable, son interprétation de Giulio Andreotti dans Il Divo, un homme politique élu sept fois président du Conseil, soupçonné d’assassinats et de corruption mais acquitté par la justice, est extraordinaire ! Se glissant dans la peau de celui qu’on a surnommé notamment le Sphinx, le Joli Petit Bossu ou encore Belzébuth, l’acteur, méconnaissable, incarne une sorte de Nosferatu imperturbable, créature obscure et pétrifiante qui ne se défait (presque) jamais de son flegme. Lors des Prix du Cinéma Européen (2008), ces deux rôles valent à Servillo le Prix du Meilleur Acteur.

Par Catherine Cyr




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