Trilogia della villeggiatura
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De Carlo GoldoniMise en scène Toni Servillo
Coproduction
Piccolo Teatro, Théâtre de l’Europe (Milan) / Teatri Uniti (Naples)
Présentation TNM / PdA
Spectacle en italien surtitré en français et en anglais
Goldoni au TNM
Si le TNM s’affiche, depuis ses tout débuts, comme « la maison de Molière », Goldoni y a aussi peu à peu fait son nid. Depuis la production des Rustres en 1978, dans une mise en scène d’Olivier Reichenbach, le prolifique auteur, que d’aucuns qualifient de « Molière italien », n’a eu de cesse de revenir charmer les spectateurs, s’inscrivant graduellement au répertoire de la compagnie et gravant durablement les mémoires.
1984 - Arlequin, serviteur de deux maîtres, mise en scène Guillermo de Andrea
1987 - Deux Jumeaux vénitiens, mise en scène Guillermo de Andrea
1991 - La Trilogie de la villégiature, mise en scène Guillermo de Andrea
1993 - La Locandiera, mise en scène. Martine Beaulne,
1997 - La Serva amorosa, mise en scène Daniel Roussel
2008 - L’Imprésario de Smyrne, mise en scène Carl Béchard
+ Arlecchino, servitore di due padroni, mise en scène Georgio Strelhler (Piccolo Teatro
Par Catherine Cyr
Montréal sous le charme du Piccolo

Ahurissante de virtuosité et d’inventivité, jouée presque sans intermittence depuis soixante ans, la légendaire production Arlecchino servitore di due padroni (Arlequin, serviteur de deux maîtres) du Piccolo Teatro de Milan a, en mai 2007, enchanté le public montréalais. La prestigieuse compagnie italienne avait présentée la pièce ici pour une première fois en 1960, avec Marcello Moretti en Arlequin finaud, puis était revenue dans la métropole en 1991 avec La Grande Magia d’Eduardo di Filipo. Avec cette troisième visite, elle a noué une rencontre d’exception entre une œuvre truffée de drôleries et de sautillantes prouesses et des spectateurs tenus captifs par l’ingéniosité de la mise en scène. Dissimulé depuis plus de quarante ans derrière le masque du coquin serviteur, le fabuleux acteur Ferruccio Soleri a facilement fait oublier ses 79 ans et ses cheveux blancs, se glissant avec grâce dans un personnage toujours réinventé qui, de cabrioles en acrobaties de la plus haute voltige, s’est montré ébahissant d’agilité tout autant qu’attendrissant de candeur. Initiée par le TNM et la Place des Arts, en collaboration avec l’Institut culturel italien de Montréal et la Chambre de commerce italienne du Canada, l’heureuse venue à Montréal du Piccolo Teatro s’est inscrite avec brio dans les célébrations entourant le tricentenaire de la naissance de Goldoni.
Par Catherine Cyr
Ce qu’en dit la critique à travers le monde
« … la force de cette Villégiature vient du plaisir du jeu, que Toni Servillo porte à son zénith. »
- Brigitte Salino, Le Monde, 16 janvier 2009
« Quel privilège que d’entendre Goldoni dans sa langue! Toni Servillo (…) est un chef de troupe, metteur en scène d’une intelligence aiguë. Il signe l’adaptation, dirige ses camarades et compose un irrésistible Ferdinando (…). Dans un décor simple et élégant, des costumes superbes, très peu d’éléments, mais des lumières, du son, chacun défend son personnage de toutes ses fibres. »
- Armelle Héliot, Le Figaro, 16 janvier 2009
« Like Strehler’s work, the physical production is of an extraordinary beauty, the lighting incredibly suggestive. How much higher a compliment can I pay Servillo than to say he lives up to Strehler’s standards ? »
- Howard Kissel, NY Daily News, 23 juillet 2009
« Anna Della Rosa reveals the quiet storms in Giacinta’s heart without losing sight of the character’s touching dignity and good sense... [She] has the richest role in the play, but all the actors keep a firm grasp on the character’s humanity. Under Mr. Servillo’s astute direction, the performances reveal the follies of the characters (...) without overplaying them. »
- Charles Isherwood, The New York Times, 24 juillet 2009
« Servillo’s rendition of the trilogy was something like a “Best Of” in many respects: It squeezed highlights from the three plays into a coherent whole. It balanced Goldoni’s 18th –century realism, bound by his elegant sense of the era’s stage proprieties, with a modern directness of tone that made every event vivid. And its designers managed to create a full picture of this high-living society with an ingenious, totally contemporary minimalism. »
- Michael Feingold, The Village Voice, 28 juillet 2009
Le Piccolo Teatro
Fondé en 1947 par Giorgio Strehler, Paolo Grassi et Nina Vinchi, le Piccolo Teatro de Milan s’érige dans une Italie qui porte encore les stigmates de la toute récente Seconde Guerre mondiale. Alors qu’au pays la plupart des pratiques artistiques sont toujours en cendres ou endormies, le trio créateur est animé d’une volonté de faire revivre l’art scénique et fait du Piccolo Teatro le premier théâtre public. Celui-ci, avec Grassi à la direction générale et Strehler aux commandes de la direction artistique, devient rapidement ce « Théâtre d’Art pour tous » qu’il est demeuré jusqu’à aujourd’hui, soit un théâtre abordable et rassembleur, proposant un répertoire mixte où dramaturgie nationale et textes étrangers vont de pair. Ce désir de faire du théâtre un art nécessaire, un bien public qui appartienne à tous les citoyens, se reflète au fil du temps dans les judicieux choix artistiques du Piccolo Teatro. À travers des mises en scènes novatrices et lumineuses, Strehler fait (re)découvrir aux spectateurs de prodigieux paysages imaginaires. En 1991, le Piccolo adhère à l’Union des Théâtres Européens et devient Théâtre d’Europe. Après le décès de Strehler, la nuit de Noël 1997, Sergio Escobar et Luca Ronconi prennent la barre d’un théâtre qui, avec plus de 600 représentations par année, et de nombreuses tournées internationales, ne cesse de conquérir de nouveaux publics.
Par Catherine Cyr
Teatri Uniti
C’est en 1987 que voit le jour, à Naples, les Teatri Uniti, issus d’un mariage à trois entre Falso Movimento, le Teatro dei Mutamenti et le Teatro Studio de Caserta, des compagnies audacieuses qui, depuis le milieu des années 1970, ont présenté des œuvres scéniques inclassables et de stupéfiantes performances. Cofondés par Toni Servillo, Mario Martone et Antonio Neiwiller, les Teatri Uniti offrent aux créateurs qui viennent y travailler un espace unique d’expérimentation. Véritable laboratoire, fourmilière de créativité, l’organisme permet aux artistes d’explorer tous les possibles de la scène, d’en questionner les limites, d’en redessiner les contours. Les Teatri Uniti mettent aussi beaucoup d’ardeur à collaborer avec des artistes ou des compagnies qui, comme le Piccolo Teatro, s’attachent à explorer un langage strictement scénique, un pur plaisir du jeu et du théâtre.
Par Catherine Cyr
La Déraison d’amour au Piccolo
Au printemps 2008, avec l’éclatant succès d’Arlecchino, servitore di due padroni, une fructueuse complicité s’est nouée entre le Piccolo Teatro et le TNM. Cette année, elle se concrétise par une seconde venue de la prestigieuse compagnie théâtrale de Milan pour la présentation de Trilogia della villeggiatura à la salle Maisonneuve de la Place des Arts et par l’invitation lancée par le Piccolo au TNM à présenter La Déraison d’amour, les 1er, 2 et 3 octobre prochains. Le texte théâtral a été établi par Jean-Daniel Lafond, en collaboration avec Marie Tifo, à partir des écrits de Marie de l’Incarnation. Rappelons que cette création du TNM produite en collaboration avec le Théâtre du Trident à Québec a enthousiasmé les publics québécois et français depuis sa création à l’automne 2008. Ce spectacle solo, mis en scène par Lorraine Pintal et magnifiquement interprété par Marie Tifo, sera offert au public italien en version originale française, avec surtitres en italien à partir d’une traduction de l’auteure Marie-José Thériault. Milan-Montréal, Montréal-Milan, un échange artistique fécond entre deux grandes maisons de théâtre.
Par Catherine Cyr




