photo_piece_Le Dindon
Photo : Jean-François Gratton / Une communication orangetango

Le Dindon

DU 17 JANVIER AU 11 FÉVRIER 2012
3 SUPPLÉMENTAIRES : 17 FÉVRIER, 20 H + 18 FÉVRIER, 15 H ET 20 H

de Georges Feydeau
mise en scène Normand Chouinard

Durée du spectacle : 2h20 + entracte

  1. L'énigme Feydeau
  2. Théâtre de boulevard et théâtres des boulevards


L'énigme Feydeau

Au tournant du 20e siècle, lorsque Georges Feydeau écrit et met en scène ses comédies, on crée en saison chaque semaine à Paris entre dix et quinze pièces. Comme le cinéma est dans sa petite enfance et que la radio et la télévision n’ont pas encore été inventées, le théâtre est encore la plus puissante technologie de communication directe que l’on connaisse. Des vaudevillistes de ce temps, Labiche, qui meurt en 1888 au moment ou Feydeau commence sa carrière, est encore un peu monte aujourd’hui, en tout cas davantage que Courteline, un contemporain de Feydeau, que l’on lit encore par curiosité mais que l’on ne produit plus qu’exceptionnellement. Les dizaines d’auteurs à succès qui fournissaient les théâtres de Paris avant d’inonder les théâtres commerciaux d’Europe et d’Amérique sont tombés au fond des poubelles de l’histoire, même Flers et Cavaillet, les auteurs de L’Habit vert, dont la popularité était immense dans les années d’avant-guerre. Or non seulement le théâtre de Feydeau a survécu à son auteur, il n’a jamais tout à fait quitte l’affiche et, depuis la reprise du Dindon à la Comédie-Française en 1951, s’est placé tout à côté des œuvres de Molière au cœur du répertoire comique français – et mondial.






Théâtre de boulevard et théâtres des boulevards

Le théâtre de boulevard tire son nom du type de théâtre populaire que l’on jouait au début du 19e siècle dans les théâtres du boulevard du Temple, qui prend dans les années 1820 le surnom de ≪  boulevard du Crime ≫  à cause de tous les sanglants mélodrames que l’on y présentait. Quelque cent vingt ans plus tard, Marcel Carne, dans son film Les Enfants du paradis, a su rendre de façon plausible l’atmosphère de cette première période du boulevard ou les comédies d’intrigue, les vaudevilles, les pantomimes et les mélodrames réunissent dans les mêmes salles les classes sociales les plus diverses : ouvriers, gens du demi-monde, bourgeois, aristocrates, criminels...


Si le théâtre de boulevard décline avec la fin de la Belle Époque, il perd définitivement son influence artistique avec la crise économique et la Seconde Guerre mondiale. Mais le genre perdure, même si l’époque ou les auteurs comme Feydeau inventaient cette nouvelle mécanique théâtrale est révolue. Avec son savoir-faire complexe, sa dramaturgie ou l’efficacité tourne le dos à l’innovation et, surtout, sa recherche de l’effet – comique ou dramatique – plutôt que de la poésie qui permet une richesse de sens, le théâtre de boulevard, parfois idiot, parfois intelligent, fait encore courir les foules qui cherchent essentiellement un théâtre de divertissement.

 







© 2012 Théatre du Nouveau Monde 514.866.8668 | 84, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal (Québec) H2X 1Z6 | Politique de confidentialité | Plan du site