
Le Dindon
3 SUPPLÉMENTAIRES : 17 FÉVRIER, 20 H + 18 FÉVRIER, 15 H ET 20 H
de Georges Feydeau
mise en scène Normand Chouinard
Durée du spectacle : 2h20 + entracte
Georges Feydeau (1862-1921) nage comme un poisson dans l’eau au sein de cette nouvelle élite sociale dans laquelle il est né et d’où il ne bougera pas, au propre et au figuré, pour le reste de ses jours. Fils d’un spécialiste des civilisations anciennes, doublé d’un romancier libertin, et d’une bellissime femme du monde à qui l’on prête maintes aventures, Georges Feydeau est un fils à papa pur style parisien. Dilettante dans ses études, il est dès l’enfance attiré par le théâtre. Il n’a que 19 ans quand ses monologues, que jouent dans les salons les plus grands acteurs de son temps, établissent son nom. En 1883, sa première pièce, Tailleur pour dames, remporte un succès remarqué. Mais il lui faut alors attendre neuf ans et endurer une série d’échecs avant que le succès ne lui revienne avec Monsieur chasse en 1892. À partir de ce moment, sa bonne fortune ne le lâche plus, ponctuée de triomphes comme Un fil a la patte (1894), L’Hôtel du libre-échange (1894), Le Dindon (1896), La Dame de chez Maxim (1899) et La Puce à l’oreille (1907). Doté de l’intelligence des paresseux, il écrit ses pièces sans plan, développant des enchainements de péripéties d’une complexité redoutable, mettant parfois en répétition ses pièces alors que le troisième acte n’est même pas encore écrit…
Noctambule invétéré, collectionneur de tableaux et peintre du dimanche, perdant des sommes sidérantes au jeu et à la Bourse, il mène une vie d’oisiveté, sauf lorsque son compte en banque exige d’être renfloué ; il crée alors une pièce à succès, la seule façon qu’il connaisse de gagner sa vie. Marié par distraction en 1899, il quitte femme et enfants (quatre !) dix ans plus tard lorsqu’il découvre que son épouse (négligée !) le trompe. Il emménage à l’hôtel, écrivant dans la foulée les féroces courtes comédies conjugales qui couronnent brillamment son œuvre, dont Feu la Mère de madame (1908), On purge bébé (1910) et Mais n’te promène donc pas toute nue (1911). À partir de la guerre, son activité ralentit puis, le cerveau ravagé par la syphilis, il passe les deux dernières années de sa vie en maison de santé, se prenant pour Napoléon III dont le frère, le duc de Morny, était selon la rumeur son père biologique.



